Eau : la Wallonie reste mauvaise

Eau : la Wallonie reste mauvaise

La Commission européenne publie ce mercredi son Blueprint, bilan de la politique de l’eau au sein de l’Union. On y trouve une première évaluation de la mise en œuvre par les Etats Membres de la Directive cadre Eau devant leur permettre d’atteindre « le bon état » des eaux à l’horizon 2015, via notamment des plans de gestion par bassin hydrographique. Malheureusement, une fois de plus, la Wallonie s’y distingue par son inaction…

Ce Blueprint présente une analyse détaillée des efforts entrepris par chaque pays afin de rencontrer les objectifs de la Directive cadre, le bilan étant complété par des conseils en vue de poursuivre et améliorer cette politique de l’eau.
Pour la Wallonie, le constat apparaît aussi laconique que regrettable : R.A.A., rien à analyser, aucun plan de gestion n’ayant été adopté par la Région. Le conseil de la Commission est lui aussi laconique… et sans équivoque : faites vite ! C’est que la Belgique a déjà été condamnée pour ce manquement et que l’Europe ne tolérera plus longtemps un retard qui excède désormais les 3 ans.

Cette mise en garde jette une lumière crue sur l’enquête publique à laquelle sont actuellement soumis les projets de plans de gestion wallons.

Inter-Environnement Wallonie a déjà répondu à cette consultation. Pour nous, les « programmes de mesures » proposés dans la version actuelle des plans, qui se contentent de rencontrer les exigences légales européennes et les engagements pris par le Gouvernement dans sa déclaration de politique régionale, ne permettront pas d’atteindre les objectifs environnementaux fixés. Les mesures actuelles sont clairement insuffisantes pour préserver durablement le trésor et atout que constitue l’eau wallonne, soumise depuis des décennies à d’importantes pressions humaines.

Inter-Environnement Wallonie invite donc les autorités wallonnes à s’inspirer des bonnes pratiques européennes mises en évidence dans le Blueprint afin d’améliorer leurs projets. Pour nous, les plans aujourd’hui sur la table devront en effet être revus pour intégrer des mesures supplémentaires parmi lesquelles nous pointons en priorité :

  1. l’élargissement de la récupération du coût des services liés à l’eau à l’ensemble de ses usages, en compris l’irrigation, le transport fluvial et les activités récréatives (kayaks, pêche, etc.) ;
  2. l’obligation d’instaurer des bandes enherbées d’une largeur minimale de 6 mètres le long des berges afin de diminuer les apports de nitrates et de pesticides dans les cours d’eau ;
  3. l’interdiction de la vente libre de pesticides aux ménages doublée de l’obligation de passer par un vendeur professionnel ;
  4. la mise en place d’un programme d’élimination des rejets de substances dangereuses prioritaires dans les rejets industriels wallons ;
  5. la lutte contre l’imperméabilisation des sols via l’aménagement du territoire.

IEW exhorte la Wallonie à adopter sans délai supplémentaire des plans de gestion renforcés par des mesures à la hauteur des enjeux, afin que la Région cesse enfin d’être le cancre de l’Europe en matière de politique de l’eau.

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