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En 2017, tout peut (encore) changer
Christophe Schoune, Secrétaire général  •  23 décembre 2016

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« Quand ils se pencheront sur les négociations internationales du dernier quart de siècle, les historiens du futur constateront deux processus déterminants. L’un relatif aux difficiles négociations sur le climat, qui s’enlisent avant d’échouer lamentablement et l’autre menant à la mondialisation de l’économie, qui vole de victoire en victoire… »

Ainsi s’exprime Naomi Klein dans Tout peut changer [1]. Dans cette remarquable somme consacrée aux liens entre le capitalisme et les changements climatiques, l’auteure de la Stratégie du Choc appelle le monde à un réveil civilisationnel face à un modèle économique en guerre contre la vie sur Terre. C’était en 2014. Avant l’Accord de Paris sur le climat, avant la remise en cause wallonne du Ceta, avant, aussi, l’élection d’un histrion vulgaire à la tête des Etats-Unis.

Ombres et lumières. A l’heure des bons voeux, puiser l’espérance dans le clair-obscur de l’actualité n’est pas aisé. De ce point de vue, l’Accord de Paris et son prolongement à Marrakech pourrait tracer le sillon fertile des vingt-cinq prochaines années, n’en déplaise à Donald Trump. Entouré d’une clique de climato-sceptiques, le nouveau président américain devra composer avec un ministère de la défense et un Pentagone qui considèrent le réchauffement de la terre comme un risque important pour la sécurité nationale et un potentiel facteur aggravant de conflits internationaux. Au niveau international, également, Trump peut s’attendre à une douche froide, nous rappelle Greenpeace. Un de ses slogans de campagne était de retirer les Etats-Unis de l’Accord de Paris. Cela sera juridiquement compliqué, car maintenant que l’accord est entré en vigueur, il faudra attendre au moins quatre ans avant que cela ne soit possible.

Quatre ans, autant dire un siècle en politique. Pour faire barrage aux sombres prophéties de Trump, l’Europe devra oser réaffirmer le leadership climatique qu’elle exerçait au temps des années Bush (2000-2008) et du refus des Etats-Unis de mettre en oeuvre le défunt protocole de Kyoto. Mais y a-t-il encore un pilote dans cet avion européen balloté par des forces centrifuges, gouverné par l’austérité budgétaire et la peur de l’ouverture ? De ce point de vue, la campagne présidentielle française ne rassure guère, tant les thèmes centraux de l’action climatique et de la transition écologique ont été aspirés par le populisme ambiant et l’ère des rejets. Esprit de la Cop21, es-tu encore là ?

“La maison brûle et nous regardons ailleurs”... Les élections américaines ou françaises auraient tort de distraire nos élus de préoccupations écologiques plus locales. Car en Belgique, on distingue peu de motifs de réjouissance en ce domaine. L’absence de vision coordonnée et l’indigence des politiques publiques en matière environnementale et énergétique, à l’échelle fédérale ou régionale, contrastent paradoxalement avec la vitalité citoyenne incarnée par le film Demain. En écho à ce dynamisme, le sondage récent “Génération Quoi ?” consacré aux 18-34 ans, place l’environnement en tête des préoccupations de la jeunesse francophone. Quel projet de société leur permettra de devenir les acteurs de ces valeurs et d’une nouvelle forme de prospérité ? L’histoire n’est pas écrite à l’avance, rappelle Pierre Rhabi [2]. Un défi est lancé à l’imagination libérée de tout ce qui la maintient dans le conformisme, les stéréotypes, une vision pétrifiée inspirée par une pensée exiguë. Jamais autant qu’aujourd’hui, (…), l’utopie n’a été aussi indispensable à la poursuite de l’histoire.

En 2017, tout peut encore changer. Que votre année soit belle et inspirante.

Et, comme vous pourrez le constater en cliquant sur notre carte de voeux (ou ici), la force d’IEW réside dans une subtile combinaison d’analyses critiques fouillées (voir ici et ici) ET d’actions concrètes, des plus classiques (des colloques) aux plus déjantées (Accidents nuclaires ? Ne vous faites plus de sushi !) ou subversives (Tags Propres).


Si rien ne se passe en cliquant sur l’image, cliquez ici !


[1Naomi Klein, « Tout peut changer », 623 p., Actes Sud Editions.

[2Pierre Rabhi, Eloge du Génie créateur de la société civile », 50 p., Actes Sud Editions.