En connaissance de cause

En connaissance de cause

Le respect de la nature et de l’environnement est la seconde valeur sociétale des Européens, après la paix[Eurobaromètre spécial de la Commission Européenne, septembre 2007]]. La préoccupation pour les questions environnementales et l’inscription du droit à un environnement sain dans de nombreuses constitutions nationales ont peu à peu rendu incontournable l’accès à l’information dans ces matières.

Donner accès par principe à des données est une chose, s’organiser pour rendre les données accessibles est autrement plus problématique. En effet, la gestion des données s’avère le plus souvent entravée par des questions de dispersion, de compatibilité de formats, de confidentialité, de propriété, etc. A titre d’exemple, la Région wallonne a été lourdement confrontée à ces réalités au moment de s’atteler à l’importante tâche que constituait la rédaction du [Rapport sur l’état de l’environnement wallon. Compiler, chiffrer et analyser n’était en effet possible qu’avec de la matière. Ce document est une immense source d’information pour le citoyen, une référence, notamment parce que l’effort de collecte de données n’a pas été épargné. Combien d’heures ont été passées dans le seul but de rassembler les données ? Et d’un point de vue plus général, relatif à la gestion quotidienne des dossiers environnementaux, combien de décisions n’ont pu être prises faute de données disponibles à temps ?
Consciente de ces difficultés, qui ne sont pas propres à une région en particulier, l’Europe organise, via la directive INSPIRE 2007/2/CE, la création de métadonnées pour les données environnementales spatialement liées. Il s’agit avant tout de créer une infrastructure, mais pour laquelle les questions d’accessibilité et d’harmonisation sont spécifiquement traitées.

Dans la droite ligne de la directive INSPIRE, la Commission européenne met un place un système de rationalisation de collecte, d’analyse et de communication de données environnementales. Une telle démarche répond au besoin, somme toute assez raisonnable, d’agir en connaissance de cause. Il est en effet primordial de disposer d’information fiable et actualisée, tant pour la mise en place de politiques judicieuses, qu’en ce qui concerne l’action citoyenne.
Le système européen, appelé Shared Environmental Information System (SEIS), sera une plateforme intégrée de gestion des données environnementales. Service offert aux Etats membres pour leurs obligations de rapportage, le dispositif utilisera largement les possibilités des IT (technologies de l’information). L’idée est en effet de rationaliser les flux de données mais aussi de rendre disponibles ces dernières en temps utiles, voire dans certains cas, en temps réels. En outre, chaque donnée sera géographiquement liée, ce qui permet des recherches d’information sur base de cartes, des comparaisons facilitées d’une région à une autre. Ces modes de consultation sont déjà éprouvés, notamment dans le système WISE, (Water Information System for Europe), sur le principe duquel SEIS sera conçu. Notons que l’ambition du SEIS est aussi de renforcer le pouvoir du citoyen dans sa possibilité d’influencer les politiques publiques. A ce propos, la facilité d’accès sera prééminente. « Un plan de mise en oeuvre détaillé sera présenté dans le courant 2008 », annonce le communiqué de presse du 5 février 2008 de la Commission. En attendant, utilisons les données accessibles et surtout, qui que nous soyons, veillons à faire respecter nos droits d’accès à l’information en matière d’environnement.

Plus personne ne doute de l’importance des défis environnementaux actuels. Il importe d’évaluer les résultats des politiques et d’agir. Autant le faire en connaissance de cause, non ?