Humeurs éoliennes

Humeurs éoliennes

Ma vie quotidienne se partage entre deux « lieux », assez distants l’un de l’autre. D’un côté : les bureaux d’IEW, un puissant pôle d’attraction (pour moi bien sûr), haut lieu d’exercice du « sacerdoce » de sauveur de la planète. De l’autre côté, mon domicile : Spa. Trois petites lettres – pour moi, tout un univers. J’y suis né. « Au milieu des bois », comme j’aime à le répéter – en ajoutant que j’assume le qualificatif « d’imbécile heureux qui est né quelque part », tel que le chantait Brassens. Habitant dans une région boisée et vallonnée, j’ai la chance de pouvoir admirer, de mon salon, une superbe colline couverte de feuillus (chênes et hêtres principalement), enchanteresse en toute saison. Cette vue magnifique a été une des raisons qui m’ont fait choisir cette maison. Je ne m’en lasse pas.

Je vais vous faire un aveu : je considère qu’une éolienne, c’est laid à pleurer. Je ne parle pas ici des vieilles éoliennes multipales courtes sur pattes utilisées par certains fermiers pour le pompage de l’eau. Celles-là, je leur trouve un petit charme rétro. Non, celles qui me désespèrent par leur « inhumanité », ce sont ces immenses structures tripales engendrées par la technique moderne. Froid et laid. Comme une voiture, ou une machine à laver, mais en plus grand, en plus moche.

Quel rapport, me direz-vous, avec mes « lieux de vie » ?
J’y viens, mais il s’agit de vous faire un second aveu, plus difficile encore. Car, je le conçois, plus difficilement compréhensible maintenant que vous connaissez mon avis sur l’esthétique des éoliennes. Eh bien, si demain une éolienne devait se dresser sur « ma » colline, je serais le premier à applaudir à tout rompre. Mon paysage serait gâché, écrasé par ce monstre de technologie. Mais je serais heureux. Cela signifierait que la société, vous, moi, nous aurions compris que l’on ne peut avoir le beurre, l’argent du beurre et la ligne mannequin. En clair : que l’on ne peut maintenir notre niveau de vie (et donc de dépenses énergétiques), sauver le climat (mis à mal par les émissions de CO2) et se passer d’énergies renouvelables à très grande échelle.

Pessimiste par nature, je suis cependant enclin à penser que jamais une éolienne ne se dressera sur ma colline. Et probablement ne verrai-je que le début du dépérissement de celle-ci, conséquence inéluctable des changements climatiques. Mais mes enfants?

Un de mes collègues, devant les difficultés évidentes à voir se développer les énergies alternatives, et notamment les éoliennes a, lui, réagi différemment: par l’humour un tantinet sarcastique. Curieux? Cliquez ici!

Pierre Courbe

Mobilité