IEW appelle GDF-Suez à mettre sa menace à exécution!

IEW appelle GDF-Suez à mettre sa menace à exécution!

En réaction à la piste évoquée par Elio Di Rupo de « ponctionner » les bénéfices de sa filiale Electrabel pour alimenter le budget de l’Etat, le groupe français GDF-Suez a menacé de revoir sa décision de prolonger la durée de vie de certains réacteurs en activité chez nous.
Pour Inter-Environnement Wallonie, la concrétisation de cette menace serait in fine une excellente chose pour l’avenir énergétique de notre pays. Elle enverrait en effet aux investisseurs dans les alternatives au nucléaire le message clair qu’ils attendent en vain du politique pour financer le développement d’énergies propres et durables.

Le projet du formateur de ponctionner significativement la rente nucléaire dont jouit depuis des années Electrabel suite à l’amortissement anticipé de ses centrales et de « nationaliser » la production d’électricité nucléaire via l’instauration d’un mécanisme d’acteur unique apparaît on ne peut plus légitime. Cela constituerait une (infime) contrepartie au rôle central joué par l’Etat dans le développement de la filière nucléaire et permettrait aux pouvoirs publics de reprendre la mainmise sur un enjeu énergétique majeur.

Au-delà de son arrogance révélatrice du cynisme d’un groupe industriel se croyant tout-puissant et invulnérable, la menace de GDF-Suez a le mérite de mettre nos décideurs devant leurs responsabilités. Car les mesures de rétorsion évoquées ne sont pas de nature à justifier un rejet de la proposition Di Rupo. La non-prolongation de la durée de vie des centrales serait-elle effectivement décidée que cela ne porterait en rien préjudice au pays, tout au contraire. Avec un message clair enfin adressé aux investisseurs quant au respect du calendrier de sortie progressive du nucléaire, les projets relatifs à des unités de productions alternatives longtemps bloqués par l’incertitude seront mis sur les rails, permettant de faire face à l’arrêt progressif des réacteurs à partir de 2015.

Par ailleurs, on ne le répètera jamais assez, la sortie du nucléaire créera beaucoup plus d’emplois – y compris dans le secteur, où une expertise en matière de démantèlement devra être développée – qu’elle n’en sacrifiera.

Inter-Environnement Wallonie invite donc le formateur et les partis autour de la table à ne pas se laisser intimider par de pseudo-menaces.
IEW considère d’ailleurs que la proposition du formateur ne va pas assez loin et que la réappropriation par l’Etat de la totalité de la rente nucléaire (estimée à 1,2 milliard annuel) constitue un objectif légitime. Une somme qu’il conviendrait de consacrer intégralement aux investissements en matière d’énergies renouvelables et de performance énergétique.