IEW, Greenpeace et le BBL plaident pour un stockage temporaire en surface contrôlé et flexible

Le gouvernement fédéral semble avoir pris ce vendredi une décision de principe en faveur du stockage des déchets faiblement radioactifs sur le site de Mol-Dessel. Les conditions de ce stockage doivent par contre encore être déterminées. Si une telle décision a été déjà prise, Inter-Environnement Wallonie, Greenpeace et le Bond Beter Leefmilieu demandent au gouvernement de reconsidérer les options qui guidaient jusqu’à présent sa politique en matière de déchets radioactifs.
Les associations de protection de l’environnement plaident pour un stockage temporaire en surface contrôlé et flexible, comme c’est la cas en Espagne et aux Pays-Bas, une solution qui permet une surveillance aisée des déchets et laisse la porte ouverte en cas d’évolutions technologiques futures offrant une solution plus appropriée à cette problématique.

En Belgique, jusqu’en 1984, on se contentait de rejeter les déchets faiblement radioactifs en mer. En 1998, notre pays a opté pour le stockage définitif et « réversible » de ses déchets faiblement radioactifs.
Depuis lors, l’ONDRAF (Organisme National de gestion des Déchets Radioactifs et des Matières Fissiles) s’attelle à trouver un site pour accueillir lesdits déchets. Suite à l’échec, dû à une forte opposition de la population locale, d’un projet de stockage à Beauraing, l’ONDRAF limita l’identification des lieux potentiels de stockage aux sites déjà nucléarisés et tenta d’impliquer les riverains dans le processus en créant des « partenariats locaux ». Le résultat de cette initiative a été présenté il y a peu sous forme d’avant-projets impliquant les communes de Mol et Dessel. Fleurus et Farciennes, également pressenties, ont quant à elles jeté l’éponge, notamment en raison de trop nombreuses incertitudes en matière de sécurité. En théorie, le stockage définitif et « réversible » choisi en 1998 permet de récupérer les déchets radioactifs.

En réalité, la procédure s’avère tellement coûteuse et ardue qu’elle ne pourra être mise en ½uvre qu’en cas d’extrême nécessité. Or, un contrôle et une surveillance aisés des fûts apparaissent loin d’être superflus si l’on sait qu’un examen réalisé en 2003 sur les « colis » en attente de stockage révéla de nombreux dommages (gonflements, rouille et fissures). Par ailleurs, le stockage définitif s’avère particulièrement inadéquat alors que des évolutions technologiques futures pourraient nous amener à reconsidérer les choix opérés pour la gestion des déchets radioactifs. Il importe en outre de préciser qu’aucune provision n’a été constituée afin de permettre la récupération des déchets en cas d’évènement imprévu ou d’avancées technologiques justifiant l’opération. La probabilité est donc grande que l’Etat soit sollicité si les sommes nécessaires ne sont pas disponibles… On notera par ailleurs que des incertitudes importantes demeurent quant aux caractéristiques des déchets qui seraient accueillis à Mol/Dessel. Depuis le début du processus, l’ONDRAF entretien en effet la confusion en faisant mention tantôt de déchets « faiblement radioactifs », tantôt de déchets « de catégorie A » (faiblement et moyennement radioactifs)…

Enfin, le site même de Mol/Dessel pose problème. La nature sablonneuse du sous-sol n’y permet en effet pas à celui-ci de faire office de « barrière naturelle », comme l’Agence internationale de l’énergie et l’ONDRAF le recommandent. Il convient d’ailleurs de rappeler que ce site ne figurait pas sur la liste des zones potentiellement favorables répertoriées par l’ONDRAF dans un rapport de 1994 ! On peut dès lors craindre que des motivations politiques ne se substituent à des arguments techniques et scientifiques, au détriment de la sécurité et du respect de l’environnement… Au regard de ces éléments, Inter-Environnement Wallonie, Greenpeace et le BBL plaident pour un stockage temporaire en surface, similaire à ceux décidés, par exemple, en Espagne ou aux Pays-Bas. Cette technique permet en effet un contrôle plus aisé de la qualité des fûts et une intervention plus facile en cas de nécessité. Elle garantit en outre une flexibilité largement supérieure au stockage définitif au cas où une solution plus appropriée viendrait à voir le jour .

Vous trouverez plus de détails sur les arguments d’IEW, de Greenpeace et du BBL.

Contacts : Mikaël Angé, Inter-Environnement Wallonie : 081.255.262 – 0474.560.176
Jean-François Fauconnier, Greenpeace Belgique : 0496.161.587

Alain Geerts

Communication & Mobilité