Interdiction du Bisphénol A dans les biberons : un pas… de bébé dans la bonne direction

Interdiction du Bisphénol A dans les biberons : un pas… de bébé dans la bonne direction

La Commission européenne a décidé ce jeudi 25 novembre l’interdiction de la présence de Bisphénol A dans les biberons en plastique vendus au sein de l’Union.
Le Bureau Européen de l’Environnement (BEE), HEAL (Health and Environment Alliance) et la Fédération Inter-Environnement Wallonie (IEW) accueillent favorablement cette décision mais considèrent toutefois qu’il ne s’agit là que d’un premier pas dans la bonne direction. Pour les organisations environnementales, la lutte contre ce perturbateur endocrinien ne peut en effet s’arrêter là et il convient, à tout le moins, de le bannir de tous les matériaux entrant en contact avec les produits alimentaires.

Le Bisphénol A (BPA) est un des intrants chimiques les plus utilisés par l’industrie mondiale. Ingrédient clé de la production d’objets en plastique, il les rend incassables, résistants aux températures entre 40 et 145 °C ainsi qu’à une série d’acides et d’huiles. On le trouve dès lors dans une large gamme de produits: la plupart des plastiques transparents et incassables utilisés pour les biberons, les récipients à usage alimentaire, le petit-électroménager de cuisine, les bouteilles d’eau en plastique rigide… Il est aussi employé pour les boîtes de conserve et les canettes de boisson.

La migration du BPA du plastique vers les aliments qu’il contient est connue et les preuves de ses impacts sanitaires ne cessent de s’accumuler. Selon la veille scientifique du Réseau Environnement Santé, 95% des études menées chez l’homme et l’animal mettent en évidence des effets du BPA sur la santé, y compris à des doses inférieures à la dose journalière admissible définie par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).
Et ces effets ne sont pas minces… Le BPA est capable d’imiter et d’affecter les oestrogènes ; il influe sur le système androgène (régulant la croissance, le développement et le fonctionnement du système reproductif masculin) et le fonctionnement hormonal de la thyroïde ; il perturbe le développement et le fonctionnement du système nerveux central avec des conséquences potentiellement négatives sur le système immunitaire. Des liens entre exposition au BPA et le développement de maladies comme le cancer de la prostate et du sein, des problèmes d’obésité, etc. ont également été mis en évidence. L’exposition des jeunes enfants est particulièrement problématique et doit être réduite voire évitée non seulement après la naissance mais également durant la grossesse, l’impact in utero étant avéré.

L’interdiction de l’utilisation du BPA dans les biberons, annoncée hier par la Commission européenne et qui deviendra effective dans le courant 2011, constitue donc une mesure salutaire.

Les associations environnementales accueillent positivement ce premier pas opéré par la Commission mais le considèrent comme totalement insuffisant. Elles souhaitent que la Commission renforce cette mesure et interdise ce perturbateur endocrinien dans tous les matériaux entrant en contact avec les produits alimentaires ainsi que les produits contribuant à l’exposition humaine. En Belgique, une proposition de loi allant dans ce sens a été déposée par le sénateur Mahoux ; les associations incitent bien évidemment tous les élus à la soutenir.

Pour en savoir plus sur le Bisphénol A,

consultez le site santé-environement.be

Inter-Environnement Wallonie

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