L’accord de Cancun sauve le processus, pas le climat

L’accord de Cancun sauve le processus, pas le climat

Au bout de deux semaines de négociations intenses, les gouvernements réunis à Cancun pour le Sommet des Nations-Unies pour le climat ont réussi à restaurer l’espoir d’aboutir à terme à un accord climatique. Si le mouvement environnemental belge salue ce résultat modeste, il rappelle que l’ambition de la communauté internationale demeure insuffisante face à la hauteur du défi climatique.

Sous l’impulsion de la présidence mexicaine, saluée pour sa détermination, les gouvernements se sont mis d’accord sur une série de décisions qui laissent entrevoir la possibilité d’un accord global fin 2011, lors du prochain sommet climatique. Annick Vanderpoorten, porte-parole du WWF Belgique, précise : « Les pays développés ont reconnu le besoin de réduire les émissions de 25 à 40% d’ici 2020 pour limiter le réchauffement climatique à 2°C par rapport à la période pré-industrielle et mis en évidence de la nécessité d’augmenter le niveau d’ambition pour atteindre ce but. C’est une avancée timide. » Des progrès ont aussi été effectués en matière de financement par l’établissement d’un fonds vert pour le climat. Enfin, les bases d’un mécanisme de financement pour la réduction des émissions liées à la déforestation ont été mises en place.

Pour le mouvement environnemental, des obstacles majeurs persistent cependant afin d’obtenir un accord équitable, ambitieux et contraignant:« Suite aux blocages du Japon et de la Russie, il n’y a pas encore d’accord sur la prolongation du Protocole de Kyoto : la décision à ce sujet a été reportée à la prochaine conférence», explique Cécile de Schoutheete, chargée de mission Climat chez Inter-Environnement Wallonie. «Aucun processus n’a été identifié pour combler l’insuffisance des engagements actuels qui mèneraient en réalité à une augmentation de la température d’au moins 3°C d’ici 2100. Les sources du financement pour permettre aux pays du Sud de s’adapter aux conséquences du réchauffement et pour freiner la déforestation n’ont de plus pas été définies.»

Les ONG environnementales belges constatent enfin que l’Europe, notamment sous l’impulsion de la présidence belge, a contribué positivement à certains sujets importants, notamment en montrant de l’ouverture pour la prolongation du protocole de Kyoto. Mais pour rester cohérente avec ses positions et mieux affirmer son leadership, l’Europe devra augmenter son propre objectif de réduction des gaz à effet de serre d’ici 2020 de 20 à 30 %, sachant que la science évoque la nécessité de réduire de 40 % les émissions d’ici 10 ans.

Arnaud Collignon, Climate Campaigner de Greenpeace Belgique conclut : « Le processus des Nations-Unies est sauvé, mais il est encore trop tôt pour dire que le climat l’est également. Il reste beaucoup de travail. »

A lire aussi, les analyses de Cécile de Schoutheete, notre chargée de mission de Climat, présente à Cancun:

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Inter-Environnement Wallonie

La voix du mouvement environnemental