La sortie du nucléaire nécessite une autre politique

A l’occasion d’une interview parue dans De Standaard de ce 11 septembre, le Ministre fédéral de l’Energie et du Climat, Paul Magnette, met en doute le respect de la loi de sortie du nucléaire votée en 2003.
Pour les ONG d’environnement (représentées par la Fédération, le Bond Beter Leefmilei et Greenpeace) , il n’y a aujourd’hui aucune raison objective de reporter la fermeture des deux centrales les plus anciennes prévue en 2015, les capacités de remplacement étant suffisamment développées et planifiées pour compenser la perte de production liée à ces fermetures. Ces capacités de remplacement seraient d’ailleurs largement supérieures si le gouvernement précédent avait mené une politique plus volontariste en la matière.

Le seul bénéficiaire de la prolongation des deux centrales nucléaires les plus
anciennes serait Electrabel, ce scénario lui permettant de continuer à engranger des bénéfices au détriment des consommateurs et du développement des énergies renouvelables.

Dans son interview, le Ministre Magnette décalre que la loi de sortie du nucléaire n’est pas un ukase, et c’est vrai. Cette loi est le résultat d’un débat
parlementaire particulièrement approfondi. Il serait donc d’autant plus inacceptable que le gouvernement publie un ukase la remettant en cause sans qu’un débat parlementaire très approfondi n’ait lieu.

Le Ministre Paul Magnette constate que la production électrique issue des énergies alternatives s’est développée plus lentement que prévu. Pour les ONG, il s’agit là d’une raison de plus de soutenir activement et dès maintenant les investissements dans les sources d’énergie renouvelable, de manière à préparer les capacités de remplacement nécessaires à l’horizon 2025. Atteindre de tels objectifs implique que le gouvernement cesse d’envoyer des signaux laissant croire à une possible prolongation, une perspective qui nuit grandement au besoin d’investissements dans le secteur des énergies renouvelables.

Il est appartient par ailleurs au gouvernement de veiller à investir dans le réseau électrique pour y intégrer la production renouvelable, d’assurer que le marché de l’électricité soit réellement concurrentiel et de préparer l’intégration des capacités de l’off-shore éolien. Réduire la consommation
des ménages et des entreprises doit en outre rester une priorité majeure et les moyens d’y parvenir résident dans la politique des produits et la réforme fiscale, domaines dans lesquels le gouvernement doit aussi assumer pleinement ses responsabilités.

Inter-Environnement Wallonie

La voix du mouvement environnemental