Le chèque mazout : l’arbre qui cache la forêt

Namur, le 15 octobre 2004

Communiqué de presse

Le chèque mazout : l’arbre qui cache la forêt

Le gouvernement institue le principe des chèques mazout. A côté d’une telle mesure ponctuelle, Inter-Environnement Wallonie et les Equipes Populaires estiment qu’il faut aussi agir à la source: diminuer les consommations de chauffage pour faire baisser les factures de façon plus structurelle. C’est pourquoi nous demandons un programme de rénovation énergétique des anciens logements. Outre le secteur pétrolier, celui-ci devrait impliquer les banques et les propriétaires.

Les difficultés rencontrées par les personnes en situation de précarité pour payer les factures sont réelles, mais ne représentent généralement que la partie visible de l’iceberg. L’expérience de terrain (celle des guichets de l’énergie notamment) a clairement mis en évidence un problème plus fondamental, celui de la qualité des logements dont disposent ces ménages, en général les plus mal isolés qui soient. Mais les aspects énergétiques ne constituent souvent qu’une partie du problème. Même institué, le chèque mazout reste une solution d’urgence ! et droit au logement décent, inscrit dans la Constitution, ne peut se satisfaire d’une telle mesure.

Pour nos associations, la politique énergétique peut aussi servir d’autres finalités, comme celle du droit à un logement décent. Aussi, nous demandons aux gouvernements fédéraux et régionaux d’initier un véritable programme de rénovation énergétique des bâtiments construits avant le second choc pétrolier. Celui-ci devrait être prioritairement centré sur les logements mis à disposition des plus démunis. A l’image du plan initié en 2000 en Allemagne, le fond « pétrole » pourrait financer une réduction des taux d’intérêts ainsi qu’une partie de l’emprunt contracté pour peu que la rénovation atteigne les meilleurs standards énergétiques et que le logement soit mis à disposition de ménages en situation de précarité.

Le fonds « pétrole » serait alors vraiment à l’image du fonds « gaz et électricité » qui ne finance pas seulement des tarifs avantageux mais aussi des mesures d’économies d’énergie. Le secteur des banques devrait donc aussi être mis à contribution, pour assurer la promotion de ce taux d’intérêt réduit. De leur côté, les propriétaires devraient s’engager à ne pas augmenter les loyers des habitations concernées pendant une durée déterminée.

Un tel programme stimulerait la création d’emplois dans le secteur de la construction, réduirait structurellement la facture des ménages et diminuerait nos émissions de CO2.

Renseignements :

Pour les Equipes populaires
Di Nanno Michele

Pour Inter Environnement Wallonie

Thibaud de Menten, 0479 497 656

Alain Geerts

Communication & Mobilité