Le déclin du nucléaire en quelques chiffres

Le déclin du nucléaire en quelques chiffres

Le monde est en train progressivement de tourner la page du nucléaire.
Voici quelques chiffres édifiants tirés du dernier rapport «World Nuclear Industry Status 2013» publié le 11 juillet dernier.

  • En 2012, la production mondiale d’énergie nucléaire a baissé de 7%, s’ajoutant à la baisse record de 4% en 2011.
  • La part du nucléaire dans la production d’électricité dans le monde diminue régulièrement, passant d’un sommet historique de 17% en 1993 à environ 10% en 2012. La part du nucléaire dans la production d’énergie primaire commerciale globale a chuté à 4,5%.
  • Le parc de réacteurs est vieillissant. L’âge moyen des réacteurs nucléaires dans le monde est de 28 ans. Plus de 190 unités (45% du total) sont en service depuis plus de 30 ans, dont 44 depuis plus de 40 ans.
  • 66 nouveaux réacteurs sont officiellement «en construction», mais:
    • 13 réacteurs (= 1/5 du total) sont listés comme étant «en construction» depuis plus de 10 ans, dont 9 déjà depuis plus de 20 ans ;
    • au moins 23 réacteurs ( = 1/3) connaissent de graves retards de construction;
    • 45 projets (= 2/3) n’ont pas de date de démarrage officielle ;
    • 44 unités en cours de construction (= 2/3) sont situées dans seulement 3 pays (la Chine, l’Inde et la Russie).
  • Seuls 3 nouveaux réacteurs ont démarré en 2012, tandis que 6 ont été fermés définitivement (la mise hors service définitive des 52 réacteurs japonais actuellement à l’arrêt n’a pas encore été décidée officiellement mais beaucoup d’entre eux ne devraient jamais redémarrer).
  • Les coûts d’investissements pour les nouveaux réacteurs sont astronomiques. Les estimations des coûts ont augmenté dans la dernière décennie, passant de 1000 $ à 7000 $ par kW installé, soit 7 milliards de dollars pour un réacteur de puissance standard de 1000 MW.
  • Au cours des cinq dernières années, sur 15 exploitants nucléaires évalués, 10 ont été dégradés par l’agence de notation Standard & Poors, quatre sociétés sont restées stables, alors qu’une seule a été rehaussée. Les agences de notation considèrent les investissements nucléaires comme risqués et l’abandon des projets nucléaires comme explicitement «crédit positives».
  • La valeur de l’action du plus grand opérateur nucléaire au monde, l’énergéticien français EDF, a baissé de 85% au cours des cinq dernières années. De même, les actions du plus grand constructeur nucléaire, la société française AREVA, ont chuté jusqu’à 88%.
  • La Chine, l’Allemagne et le Japon, trois des quatre plus grandes économies de la planète, ainsi que l’Inde, produisent aujourd’hui plus d’électricité à partir de sources renouvelables que d’énergie nucléaire. En 2012, la Chine et l’Inde ont produit plus d’énergie éolienne que d’énergie nucléaire.

Cécile de Schoutheete

Développement durable & Énergie