Le « rétrofit électrique » : une précieuse étude

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Le « rétrofit électrique » se met progressivement en place en France. Il dispose d’un arrêté cadrant la pratique, d’une filière d’homologation qui, tout en respectant les normes de sécurité, facilite les procédures administratives, a une fédération 1 et des garages qui effectuent la transformation. Et il dispose aujourd’hui d’une étude 2 réalisée par des consultants de marque 3 financée par l’ADEME (L’Agence de la transition écologique) (https://www.ademe.fr). Une voie toute tracée pour orienter les autorités wallonnes dans la mise sur pied d’un tel dispositif dans leur région. Nous les avons déjà encouragées 4 tant il nous paraît évident qu’une telle filière, certes modeste, mais concrète et adaptée à un réseau de petites entreprises locales dynamiques et ancrées dans le futur, mérite plus qu’une aimable attention… 

Le présent article a pour simple objectif d’inviter les personnes concernées à quelque titre que ce soit par le développement d’une filière « rétrofit électrique » à se plonger dans le rapport de synthèse sur le sujet – très lisible et didactique – pour affiner et parfaire sa connaissance du concept. Les orientations proposées sont claires et précises et elles devraient aider tout décideur ou entrepreneur intéressé à se lancer. 

Le temps d’agir est venu !

Oui, se lancer, et rapidement, car il s’agit d’une filière relativement éphémère : sa plage temporelle de pertinence court entre aujourd’hui où le parc automobile reste largement dominé par les motorisations thermiques et, disons, 2060, soit une vingtaine d’années après une interdiction (probable) de fabrication desdits véhicules thermiques. 

Ce caractère éphémère n’enlève rien à la pertinence de la filière car : 

  • elle va accélérer le processus irréversible (pour raison climatique) d’électrification du parc automobile ; 
  • elle va inscrire de manière plus convaincante l’industrie automobile dans le sillon de l’économie circulaire. Grâce au « rétrofit » on va au-delà d’une mise sur le marché suivie d’une mise à la casse avec recyclage : on retarde la mise à la casse ; 
  • elle va assurer une transition pour les métiers de la mécanique sur moteurs thermiques (les garagistes actuels), métiers qui sont mis en danger par l’électrification dont la maintenance globale est de loin moins importante ; 
  • elle pourrait enfin contribuer à modifier la représentation dominante de la voiture individuelle surdimensionnée (en mensuration, masse, vitesse, puissance…) au profit de petites polyvalentes économiques et peu polluantes dont l’idéal serait qu’elles soient partagées. 

Tout cela fait la richesse de la filière « rétrofit » : elle est au cœur de la réalité de terrain d’un futur nécessairement sobre !

Objectifs de l’étude

Mais venons-en à l’étude elle-même : quelques précisions pour vous donner l’envie d’en savoir plus ! 

Notons tout d’abord que si la réflexion d’IEW sur cette filière s’est faite exclusivement sur le rétrofit électrique pour les voitures, l’étude va bien plus loin en investiguant d’autres créneaux pertinents : les fourgons spéciaux, les poids lourds 16-19 T et les autobus standards 12m. En ce qui concerne les voitures particulières, elle se concentre sur les citadines, ce qui rejoint notre analyse : privilégier les véhicules utiles et modestes. 

Les trois visées de l’étude (p.6) : 

  • Objectiver le processus de rétrofit électrique afin d’identifier les divers points d’attention sur le développement de la filière (techniques, réglementaires, juridiques et sécuritaires) et qualifier l’opportunité, la faisabilité et les risques des opérations de rétrofit pour les différents segments du parc de véhicules ;
  • Evaluer l’intérêt réel d’un véhicule « rétrofité » en comparaison d’un véhicule électrique neuf ou d’occasion, sur les plans économique (du point de vue de l’usager et de la filière automobile) et environnemental (polluants, émissions de gaz à effet de serre – GES, impact « matière ») ;
  • Mettre en exergue les conditions permettant un rétrofit vertueux pour l’environnement et l’économie tout en préservant la sécurité des conducteurs et passagers et formuler des recommandations pour le développement de la filière.

Quelques résultats en termes d’environnement

Gain environnemental du rétrofit électrique d’une citadine (infographie fournie avec la synthèse de l’étude). Télécharger l’infographie
Gain environnemental du rétrofit électrique d’un bus de 12m. Télécharger l’infographie

Recommandations

Principales recommandations de l’étude. Télécharger l’infographie
Ces recommandations générales sont développées p.19 et 20 de la synthèse.

Conclusions : 

GO !


  1. Association des Acteurs de l’Industrie du Rétrofit électrique (AIRe) : https://association-aire.org
  2. Alexandre ALLARD (ALGOE), Laurent CASTAIGNEDE (BCO2 Ingénierie) 2021. Etude « rétrofit » 23 pages. Ce document est disponible sur www.librairie.ademe.fr Il s’agit du rapport de synthèse de l’étude.
  3. ALGOE (https://www.algoe.fr), BCO2 Ingénierie (http://www.bco2.fr), Hélios Avocats (https://www.helios-avocats.com).
  4. Une filière automobile durable en Wallonie ? / Automobile : rétrofit électrique, on avance ! (Mais) / Focale, un vidéo sur la question

Alain Geerts

Communication & Mobilité