Le soutien aux centrales au gaz menace les investissements dans les technologies du futur

Le soutien aux centrales au gaz menace les investissements dans les technologies du futur

Le gouvernement fédéral s’apprête à fixer le cadre d’un mécanisme de soutien aux capacités électriques (CRM) qui devront accompagner la sortie du nucléaire. Greenpeace, Bond Beter Leefmilieu et Inter Environnement Wallonie regrettent le recours à un tel mécanisme qui est la conséquence des lacunes de l’action politique de ces dernières années. Il faut en tout cas limiter au maximum le soutien à des centrales au gaz. Et éviter de reporter le coût du mécanisme sur la facture d’électricité.

Limiter au strict minimum le soutien octroyé

« On vit dans une vision passéiste de la production et de la consommation d’électricité. Construire de nouvelles centrales au gaz pourrait bloquer à terme le développement de solutions électriques plus innovantes et moins impactantes pour l’environnement, que ce soit dans les domaines du stockage, de l’efficacité énergétique, des énergies renouvelables ou encore de la gestion de la demande » rappelle Arnaud Collignon, expert énergie chez Inter-Environnement Wallonie.

« Il existe encore des gisements importants et relativement faciles d’économies d’énergie à court terme : l’éclairage des écoles, des hôpitaux, des bureaux et des commerces, notamment. Privilégions ces pistes. La Creg a aussi montré à quel point le développement de l’éolien diminuait le besoin en centrales au gaz car il diminue le nombre d’heures durant lesquelles nous avons besoin de capacités flexibles» rappelle Juliette Boulet, porte parole chez Greenpeace.

Le mécanisme de CRM même doit absolument être conçu pour privilégier les investissements les plus performants environnementalement comme la gestion de la demande, le stockage ou la co-génération. En cas de soutien accordé à une centrale gaz, il ne peut pas dépasser 10 ans pour éviter tout « effet lock in ».

Le nucléaire n’est une solution ni économique ni climatique

Les pannes répétitives de nos centrales nucléaires, cet hiver, nous rappellent à quel point elles sont devenues un vecteur d’instabilité pour notre système électrique. Elles soulignent aussi que le risque nucléaire augmente au fur et à mesure que ces centrales vieillissent… « Malgré cela, certains continuent à alimenter l’incertitude sur la sortie du nucléaire fixée en 2025. Et c’est précisément cette incertitude qui explique en grande partie que personne ne veuille investir dans notre système électrique sans un mécanisme de soutien CRM ! Prolonger le nucléaire, c’est prolonger l’incertitude » précise Juliette Boulet.

Mieux répartir le coût

Si le coût du mécanisme est crucial, il est particulièrement difficile à évaluer vu les variables trop nombreuses qui l’affectent dont l’évolution des prix du gaz et de l’électricité. Au-delà, c’est le financement de la mesure qui préoccupe les organisations environnementales. Arnaud Collignon: « Il faudra veiller à ce que le coût du CRM soit intégré aux factures d’énergie fossile plutôt que d’être répercuté sur les factures d’électricité. Et qu’il soit équitablement réparti entre les ménages, les PME et les grandes entreprises. C’est à ces conditions que ce soutien prendra une place dans une logique de transition énergétique ».

Contact : 
•Arnaud Collignon, expert Energie chez IEW, 0477 70 04 56
• Juliette Boulet, porte-parole chez Greenpeace, 0474 76 34 97

Arnaud Collignon

Énergie & Territoire

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