Les centrales nucléaires sont intrinsèquement dangereuses, la seule manière de garantir la sécurité est de les fermer…

«Une centrale nucléaire 100% sûre est une centrale qui a fermé ses portes».

C’est le message des associations de protection de l’environnement Bond Beter Leefmilieu, Greenpeace et Inter-Environnement Wallonie à l’occasion de l’exercice catastrophe organisé ce matin à proximité de la centrale nucléaire de Tihange (Huy). Son objectif est d’établir de quelle manière la chaîne alimentaire pourrait être épargnée – autant que faire se peut – par une éventuelle catastrophe nucléaire. Les associations environnementales se réjouissent de l’intérêt qu’Electrabel et les autorités belges accordent au maintien de la sécurité alimentaire et à la sécurité de tout un chacun. Pour ces organisations, une centrale nucléaire est intrinsèquement dangereuse. De plus, les centrales nucléaires belges vieillissent, ce qui augmente sensiblement le risque d’accident. Prolonger leur durée de vie est dangereux. La seule conclusion que l’on peut tirer de ce type d’exercice est que les centrales nucléaires doivent être fermées.

« L’expérience acquise à travers le monde nous apprend qu’une fois atteint le cap des vingt ans, les incidents tels que petites fuites ou courts-circuit se multiplient dans les centrales nucléaires. L’affaiblissement graduel des matériaux peut conduire à la formation de fissures non détectables à l’½il nu. L’apparition de dégâts plus importants peut également être observée dans le couvercle de cuve de réacteur, comme ce fut le cas à l’étranger dans des réacteurs similaires à ceux exploités en Belgique, précise Jean-François Fauconnier, responsable de la campagne ‘Energie’ de Greenpeace.»

Les rapports d’inspection de l’Association Vinçotte Nucléaire, chargée de vérifier les niveaux de sûreté des installations atomiques belges, nous enseignent que pas moins de 17 anomalies et un incident classé de niveau 2 sur l’échelle INES [[ International Nuclear Event Scale.]] ont été déplorés en 2005 dans l’ensemble des réacteurs belges, soit deux fois plus de ‘pépins’ qu’en 2004. Et la tendance se poursuit puisque quatorze « anomalies » et un « incident » de niveau 2 ont déjà été relevés depuis le début cette année. Un constat qui a conduit AVN à affirmer que l’augmentation du nombre de dysfonctionnements indique « que des efforts sont nécessaires pour assurer le maintien de la sécurité ». Il est bien entendu aisé d’imaginer les impacts d’un affaiblissement du réacteur puisque des quantités significatives de radioactivité pourraient être libérées à proximité d’agglomérations importantes comme Liège.

Le réacteur 1 de Tihange a fêté l’an dernier son 30ème anniversaire , rappelle Jean-François Fauconnier. La durée de vie des centrales nucléaires a été prolongée en Belgique jusqu’à 40 ans. Or, la durée de vie moyenne de la centaine de réacteurs déjà mis à l’arrêt dans le monde est de 21 ans. La Belgique prend des risques considérables en matière de sécurité. L’organisation d’exercices catastrophe ne fait que donner à la population une fausse impression d’être en sécurité. »

Le contexte actuel de la libéralisation du marché de l’électricité ne fait que renforcer l’insécurité née du vieillissement des centrales nucléaires. « Avec la libéralisation, nous sommes entrés dans une logique de concurrence. Les producteurs d’électricité n’auront de cesse de rentabiliser leurs produits. Les exigences de sécurité inhérentes à la production d’électricité nucléaire sont-elles compatibles avec cette pression économique ? Nous sommes en droit de nous le demander, conclut Wendel Trio, directeur des campagnes de Greenpeace. »

Il n’y a qu’une seule manière de rendre les centrales nucléaires absolument sûres : mettre un terme à leur exploitation. Il est parfaitement possible de tourner le dos aux énergies polluantes et peu sûres en investissant dans l’efficacité énergétique et en réorientant la production d’électricité vers la cogénération et les sources d’énergie renouvelables telles que le solaire, l’éolien et la biomasse.

Pour plus d’informations:

* Jean-François Fauconnier, responsable de la campagne ”Energie” 0496/161.587.

* Mikaël Angé, Inter-Environnement Wallonie 0496/128.022.

* Wendel Trio, directeur des campagnes 0496/161.581.

* Elysabeth Loos, service de presse 0496/161.589.

* Notes aux rédactions

Divers documents sur la problématique sont disponibles sur http://www.greenpeace.be:

* Vieillissement des centrales nucléaires et sécurité – Les dangers de la prolongation de la durée de vie des réacteurs belges, un dossier réalisé conjointement par les Amis de la Terre, le Bond Beter Leefmilieu, Greenpeace, Inter-Environnement Wallonie, Voor Moeder Aarde et le WWF. Octobre 2006.

* Scénario énergétique et résumé exécutif rédigé en français.

* La sortie du nucléaire… une réalité déjà inscrite dans les faits !, publié par diverses associations de défense de l’environnement.

Inter-Environnement Wallonie

La voix du mouvement environnemental