Les enfants, dehors !!!

Les enfants, dehors !!!

La rentrée est déjà loin derrière nous et l’automne s’installe. Ballades en forêt, excursions à la plaine de jeux du quartier, promenades au parc vont se faire progressivement plus rares… Les jeux extérieurs vont-ils dès lors se réduire à peau de chagrin et se limiter aux pauses récrés ?

Jouer en plein air est une activité indispensable au bon développement des enfants. Des études en psychologie et sociologie ont montré comment l’interaction, au travers notamment du jeu dans l’espace public est un élément important dans la socialisation des enfants. Les jeux extérieurs sont cruciaux pour leur développement harmonieux dans la mesure où ils contribuent au mécanisme primaire par lequel ils se familiarisent et s’approprient leur environnement physique et social. Dans les espaces publics, le partage des lieux implique des contacts intergénérationnels qui, même lorsqu’ils sont conflictuels, contribuent à l’expérience des différences sociales et culturelles. Le partage d’espaces collectifs concourt à l’émergence d’un sentiment d’appartenance locale et, au-delà, participe à l’apprentissage informel de la citoyenneté. A la différence d’une cour de récréation, l’espace public n’est pas un lieu formel codifié ; dès lors, il pousse les enfants à développer d’autres apprentissages que ceux proposés dans la cadre scolaire. C’est la non spécialisation de l’espace (pas spécifiquement dédié au jeu – comme une cour ou une plaine de jeux) qui en fait un espace ouvert à la créativité où les enfants peuvent inventer et négocier les règles du jeu.

Nos enfants jouent de moins en moins à l’extérieur. C’est un constat rappelé par un récent article du Soir qui relatait qu’en Flandre des cours vont être organisés pour réapprendre aux enfants à jouer dehors ! D’où la question : pourquoi les enfants ne jouent-ils plus dehors ? Question qui peut rapidement prendre la forme : pourquoi les parents ne laissent-ils plus leurs enfants jouer dehors ?

Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte : l’organisation familiale quotidienne et l’inscription des enfants dans des activités de plus en plus encadrées (activités sportives, artistiques), la place grandissante de la télévision ou d’internet dans les foyers… Certes, mais le premier facteur est celui des représentations parentales des dangers auxquels sont exposés les enfants dans l’espace public. Ces dangers sont associés aux risques sociaux, qu’ils proviennent d’enfants plus âgés ou d’adultes mal intentionnés, mais aussi aux risques liés à la circulation routière, reine de la ville.

Les premiers résultats diffusés de l’enquête mobilité Beldam (2010) nous le confirme, la voiture reste le mode de déplacement principal en Wallonie (70% des déplacements). Inter-Environnement Wallonie ne cesse de rappeler les impacts environnementaux et sociaux dramatiques de ce système de mobilité centré principalement sur le voiture particulière : participation au réchauffement climatique par l’émission conséquente de CO2 dans l’atmosphère, augmentation du nombre de maladies respiratoires par la diffusion dans l’air de particules fines, développement de l’obésité, nombre d’accidentés (mortels) sur nos routes chaque semaine (voire chaque jour), impact du bruit routier sur le sommeil et la santé, dégradation de la convivialité de l’espace public… ( voir : S’y ajoute donc, l’impact négatif sur le développement cognitif et social des enfants.

Que faut-il de plus pour qu’enfin, nos responsables politiques et nos concitoyens (automobilistes) acceptent de reconsidérer réellement et effectivement la place de la voiture dans notre société ?

Les mesures à mettre en ½uvre sont connues et pas nécessairement coûteuses : élargissement des trottoirs, sécurisation des cheminements piétons et vélos, rationalisation de l’espace de stationnement,… Une politique volontariste de mobilité durable devrait détourner les budgets consacrés à l’extension du réseau routier pour les consacrer au développement de l’offre de transports publics. Pour une meilleure santé, une plus grande convivialité et pour aussi revoir des enfants jouer dans nos rues…

Juliette Walckiers

Anciennement: Mobilité