Les limites du recyclage qui néglige la prévention.

Ce jeudi 24 mai 2006, la FEGE (Fédération des Entreprises de Gestion de l’Environnement, entendez par là les privés qui gèrent, recyclent et éliminent nos déchets) organisait un colloque sur « La gestion des déchets, Qui doit payer ? ».
Y intervenaient divers représentants des secteurs privés concernés et d’asbl comme Fost+ et Recytyre, ou Ressources (économie sociale) et Espace environnement. Le thème de la responsabilité des producteurs a été abordé à travers les obligations de reprise ; ceci dans le cadre politique actuel que nous connaissons. Pour rappel, fin mars, la note des déchets du ministre Lutgen est passée au GW. Elle prône (dans les textes) la prévention des déchets et donne une place confortable (dans les budgets alloués) aux intercommunales et leurs filières d’élimination des déchets.

Les obligations de reprise sont encadrées par des conventions environnementales signées (en concertation) entre le pouvoir public et les secteurs privés. Du point de vue environnemental, on ne peut que se féliciter de voir que les déchets trouvent une autre voie que celle de l’élimination et que cela intéresse plus d’uns. Ils sont réutilisés, recyclés ou valorisés et c’est tant mieux.
Où le bas blesse, c’est quand, malgré un cadre public, les conventions environnementales manquent d’objectifs en matière de prévention à la source des déchets. Et le système montre déjà ses limites.
En effet, en France, les professionnels du recyclage ont tiré la sonnette d’alarme : le tri des papiers/cartons a un tel succès qu’il met en péril sa filière de recyclage. En clair : la filière est trop alimentée par rapport à ce qu’elle peut écouler sur le marché en matière de papier/cartons recyclés (PCR). En France, depuis 2002 le taux d’utilisation du PCR stagne (60%) alors que sa production a encore augmenté de 8% en 2004. Au niveau européen cela fait plus de 5 millions de tonnes de PCR à écouler sur le marché ; l’Asie est encore preneuse mais elle va bien sur s’y mettre aussi. Il est donc de l’avantage de tous (producteurs, distributeurs, consommateurs et pouvoir publics) de développer une gestion des déchets axée sur la prévention et la consommation responsable. Même si c’est un bon geste pour l’environnement de trier ses déchets (papiers/carton entre autre) et d’utiliser du papier recyclé, un meilleur geste encore est de ne pas en abuser !

Alain Geerts

Communication & Mobilité