Les ONG environnementales relativement satisfaites des résultats de la Conférence des Nations Unies sur le Climat

Inter-Environnement Wallonie et le Bond Beter Leefmilieu Vlaanderen, fédérations des associations environnementales wallonnes et flamandes, accueillent avec une certaine satisfaction les textes sortis de la Conférence des Nations Unies sur le Climat qui vient de se terminer à Bali.

Même si les parties se sont surtout accordées … pour se mettre d’accord, sans beaucoup plus, et que tout reste à faire à ce stade, l’esquisse d’une vision mondiale pour le long terme et l’ouverture d’une voie pour les négociations de l’après-Kyoto constituent des résultats que la difficulté et la durée des discussions ne laissaient plus espérer.

Quinze mille personnes se sont relayées à la 3ème Rencontre des Parties à la Convention Cadre sur les Changements Climatiques – servant également à la Rencontre des Parties au Protocole de Kyoto – qui s’est déroulée à Bali du 3 au 14 décembre.
A côté des délégations officielles, une importante délégation d’ONG était présente et très active dans les couloirs de cette importantissime Conférence des Nations Unies.

Globalement, cette Conférence est un succès : les pays présents, y compris les Etats-Unis, se sont en effet entendus sur une « feuille de route » – le programme des travaux à mener – devant permettre d’ aboutir à un accord sur les engagements de chaque Etat pour la période qui suit celle régulée par le Protocole de Kyoto, c’est-à-dire après 2012.

Les ONG environnementales se félicitent qu’un consensus ait été trouvé sur la nécessité de terminer les discussions pour l’après-2012 en 2009 au plus tard. Ceci évitera toute rupture entre la période Kyoto 2008-2012, et la suivante. La feuille de route mentionne également des engagements différenciés entre les pays industrialisés (engagement de réduction d’émission) et les pays en voie de développement (engagement à prendre dans le futur des actions concrètes pour réduire relativement leurs émissions mais sans qu’un plafond d’émission soit fixé).

Si toute référence chiffrée explicite à un objectif à moyen et long terme n’est pas reprise dans le texte négocié sous l’égide de la Convention – qui concerne donc également les Etats-Unis, un lien textuel est toutefois fait avec le 4ème Rapport du GIEC, qui estime dans ses travaux qu’il est nécessaire de réduire les émissions mondiales d’au moins 50 % d’ici 2050.

Un second volet de feuille de route, plus ambitieux, a également été adopté. Concernant exclusivement les Parties signataires du Protocole de Kyoto – donc pas les Etats-Unis – il prévoit un calendrier précis des travaux à mener et des sujets sur lesquels se pencher. Surtout, il donne explicitement une vision à long terme, un élément essentiel pour permettre aux gouvernements nationaux d’aller dans la même direction. En substance : nécessité d’atteindre un maximum dans les émissions mondiales d’ici 10 à 15 ans maximum et réduction ensuite pour atteindre au minimum – 50% d’ici 2050 avec d’ores et déjà une réduction de l’ordre de 25 à 40 % d’ici 2020 pour les pays industrialisés.

Il faut cependant tempérer tout enthousiasme excessif en se rappelant que les parties sont surtout d’accord de se mettre d’accord, sans beaucoup plus, à ce stade, et que tout reste à faire.

Les attentes des ONGs environnementales sur les autres éléments-clés en jeu à cette conférence ont été pour une part non négligeables rencontrées, quoique parfois avec une volonté de progrès et d’ambition insuffisante :

 un programme de travail a été défini en matière de transfert de technologies et les derniers obstacles permettant au Fonds d’Adaptation de venir en aide au pays en voie de développement qui seront les premiers touchés par les changements climatiques ont été levés. Ce sont deux pas importants faits en direction des pays en développement mais ceux-ci auraient pu bénéficier de mesures plus ambitieuses si les Etats-Unis n’avaient pas pesé de manière significative en leur défaveur, bafouant ainsi l’équité élémentaire vis-à-vis des plus pauvres, qui subissent déjà en première ligne les conséquences des changements climatiques en cours.un accord est intervenu sur un élément tout à fait neuf dans l’architecture du Protocole actuel :

 une méthode de travail a été définie pour permettre, le cas échéant, la mise en place d’un mécanisme rémunérant la non-déforestation et l’évitement de la dégradation des forêts tropicales. Leur déforestation actuelle contribue à hauteur de 20 % aux émissions de gaz à effet de serre et constitue une agression à l’encontre de la bio-diversité mais aussi du niveau de vie des communautés locales.

A l’issue de cette conférence, les ONG environnementales :

 saluent l’attitude constructive des pays en voie de développement qui n’ont malheureusement pas toujours pu exprimer pleinement leurs aspirations, mis sous pression par les Etats-Unis mais également par le Canada et le Japon ;

 soulignent la position de l’Union Européenne, en pointe sur cette question des changements climatiques mais regrettent néanmoins son leadership tardif vis-à-vis des autres parties ;

 invitent l’Australie à joindre, dans le futur, le geste à la parole en faisant réellement montre de volontarisme.

Pour ce qui est de la délégation américaine actuelle, qui s’est montrée particulièrement réactionnaire tout au long de ces 2 semaines de négociations, les ONGs espèrent son remaniement en profondeur d’ici 2009, facilitant ainsi la voie vers un accord global qui obtienne le soutien intégral des Etats-Unis.

En conclusion, Jean-Yves Saliez, secrétaire général de la Fédération Inter-Envionnement Wallonie, déclare : « La voie est ouverte pour dessiner le cadre de travail à bas carbone dans lequel notre société devra évoluer après 2012. C’est une excellente nouvelle, mais nous n’avons pas droit à l’erreur. Pour rappel, le dernier rapport de l’IPCC indique que les émissions mondiales de gaz à effet de serre devront baisser dès 2020 si nous voulons vraiment limiter le réchauffement global à moins de 2°C et limiter l’impact des changements climatiques sur notre niveau de vie. Dans ce contexte, une ressource non renouvelable risque de nous faire bientôt défaut, si les travaux fixant les objectifs des uns et des autres n’aboutissent pas dans le délai de 2 ans convenu à Bali : le temps qui nous reste pour adapter nos sociétés et nos économies. »

Contacts :

 Jean-Yves Saliez, Inter-Environnement Wallonie : ++ 32 476.999.603

 Bran Claeys, Bond Beter Leefmilieu Vlaanderen : ++ 32 474.594.670