Les « Primes Energie » wallonnes se mettent à l’heure de l’efficacité (énergétique)

Les « Primes Energie » wallonnes se mettent à l’heure de l’efficacité (énergétique)

La Ministre wallon de l’Energie, Jean-Marc Nollet vient de présenter le nouveau régime des « Primes Energie » régionales dont l’entrée en vigueur est fixée au 1er mai prochain. L’accent est résolument mis sur le soutien aux investissemments les plus utiles en termes d’ efficacité énergétique, autrement dit sur l’isolation.

A l’instar d’autres experts travaillant sur le dossier « Energie », la Fédération Inter-Environnement Wallonie appelait depuis longtemps à une réforme en profondeur des primes « Energie » distribuées par la Région wallonne et à une réorientation de celles-ci de l’installation de panneaux photovoltaïques vers des travaux d’isolation des bâtiments (double-vitrage, toit, murs…). Il est en effet démontré[[B.Spies et B.Buxant (2008), des fonds publics pour le photovoltaïque : est-ce efficace ?, Valériane n°71. ]] qu’un euro investi pour isoler s’avère six fois plus rentable en termes d’efficacité énergetique et de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre qu’un euro dépensé pour financer l’installation d’unités de production d’électricté d’origine solaire. Nous ne pouvons donc que nous réjouir des orientations de la réforme mise en ½uvre par Jean-Marc Nollet.

Un autre motif de satisfaction réside dans la modulation du montant des primes accordées en fonction des revenus des demandeurs. Des ménages à revenus modestes devraient ainsi pouvoir procéder eux aussi à l’amélioration de la performance énergétique de leur logement. C’est d’autant plus vrai que pour les revenus imposables inférieurs 46.000 ¤, les primes octroyées pourront être cumulées avec un mécanisme de préfinancement via la Société wallonne de crédit social (SWCS) qui propose des éco-prêts à taux 0%.
Ce sont là de réelles avancées même si on peut regretter que le gouvernement n’aie pas affiché une audace sociale plus grande en fixant un plafond pour l’accès aux primes. Les aides publiques non versées aux bénéficiares de revenus supérieurs auraient alors pu être utilement redistribuées aux ménages les plus précaires car, modulation ou pas, il est et reste plus facile de financer des travaux sur fonds propres quand on gagne 4.000 ¤ par mois que d’investir avec des primes lorqu’on en touche 1.200…

Parmi les autres nouveautés à saluer, on doit pointer la promotion de l’audit énergétique qui, pour guider les candidats à la rénovation ou à la construction vers les investissements prioritaires, sera fortement pris en charge (jusqu’à 60%) par la Région. Notons aussi avec satisfaction qu’un « bonus » sera octroyé en cas d’utilisation d’un matériau isolant naturel (chanvre, cellulose, etc.).

Pour le reste, l’installation d’équipements performants (chaudières à condensation) et/ou recourant aux énergies renouvelables (chaudières biomasse) est toujours subventionnée et les panneaux photovoltaïques désormais privés de primes continueront toutefois à bénéficier de l’octroi de certificats verts.

Toutes les mesures sont détaillées sur le site portail de l’Energie en Région wallonne.
Infos : 078/15 00 06

crédit photo : © herreneck – Fotolia.com

Gaëlle Warnant

Économie Circulaire