Mobilité: Finissons-en avec la politique de l’autruche!

Mobilité: Finissons-en avec la politique de l’autruche!

Le Bureau du Plan, centre d’études officiel du Gouvernement fédéral, vient d’actualiser son analyse de l’évolution des transports sur notre territoire à l’horizon 2030. Conclusion : la situation ne cesse de se dégrader et, sans des changements radicaux, nous allons droit dans le mur, tant en matière de gaz à effet de serre que de mobilité.
Pour la Fédération Inter-Environnement Wallonie, cette information ne constitue pas une surprise mais est un nouveau signal d’alarme devant inciter les différents niveaux de pouvoir à en finir avec leur politique de l’autruche et à agir sans délai pour éviter une catastrophe annoncée.

Augmentation de 30% du nombre de passagers/kilomètre et de 60% des tonnes/kilomètre ; diminution de la vitesse moyenne de 31% aux heures de pointe et de 17% aux heures creuses ; augmentation de 18% des émissions de gaz à effet de serre (responsables, rappelons-le, des changements climatiques en cours) : telles sont quelques-unes des conclusions de l’étude du Bureau du Plan sur l’évolution des transports en Belgique entre 2005 et 2030. Seul point positif, les diverses normes imposées par l’Europe devraient permettre une réduction significative des polluants traditionnels (CO, NOx, particules fines, SO2 et composés organiques volatils).

Ces éléments ne font que confirmer les craintes exprimées (en vain) depuis des années par le mouvement environnemental et de nombreux experts en mobilité. Le fait qu’elles proviennent d’une instance officielle, difficilement qualifiable d’alarmiste ou extrémiste, devrait leur conférer une légitimité incitant les politiques à agir sans délai pour désamorcer ce scénario catastrophe. Car les prévisions dévoilées en cette Journée de la Terre sont non seulement inquiétantes pour la Planète (gaz à effet de serre en forte augmentation alors que leur diminution drastique est un objectif vital) mais aussi pour l’économie du pays.

Pour la Fédération Inter-Environnement Wallonie, cette étude doit être un déclencheur amenant les décideurs à adopter les mesures radicales que la situation exige. On ne peut continuer à aller droit dans le mur, fut-ce en klaxonnant.

Les solutions sont connues et s’articulent autour de deux axes : réduction de la demande de mobilité et développement d’alternatives performantes. Il ne saurait donc être question, comme certains le prônent, d’augmenter la capacité de notre réseau (auto)routier qui générerait un « effet rebond » que le Bureau du Plan prédit d’ailleurs : « … une capacité accrue attirera de nouveaux usagers qui étaient découragés par les problèmes de congestion ». Et ces nouveaux usagers généreront une nouvelle augmentation de la congestion et des émissions de CO2…
L’action à mener doit donc prioritairement viser à changer les comportements, ce qui passera par l’instauration d’une fiscalité influant directement sur la demande. Ainsi, outre la mise en ½uvre d’une taxation au kilomètre parcouru pour les camions, un signal fort consisterait à instaurer un système adapté de péage urbain à Bruxelles (voire dans d’autres grandes villes) et à mettre fin aux avantages accordés aux voitures de sociétés. Des mesures qui défaut d’être populaires amorceraient un mouvement salutaire…