Moins de CO2 qu’une tournée nationale ? Un festival bien sûr !

Moins de CO2 qu’une tournée nationale ? Un festival bien sûr !

Les festivals rock et pop ressemblent souvent à des dépotoirs à ciel ouvert en fin de manifestation. Ils entraînent aussi une consommation considérable d’eau, de papier, d’électricité, etc. Les organisateurs pourraient notamment placer plus de poubelles…mais les festivaliers ont aussi leur responsabilité. Néanmoins, les festivals présentent un avantage non négligeables: ils permettent de réduire les émissions moyennes de CO2 de chacun des groupes musicaux participants.

En effet, que ce soit lors d’une tournée ou d’un festival, ce sont les déplacements des fans qui représentent la part la plus importante des émissions. Le fait de partager ces émissions entre groupes musicaux des festivals permet d’alléger la balance pour chacun d’entre eux. Le moyen le plus immédiat pour réduire cet impact est l’évidence même: favoriser l’utilisation des transport en commun et augmenter le nombre de passagers par véhicule, notamment en proposant des places de parking moins chères aux voitures avec plus de deux occupants, ou même en privilégiant les salles sans parking, afin d’inciter à prendre les transports en commun. Cette dernière solution n’est malheureusement pas encore envisageable partout, vu l’offre parfois réduite de transport en commun, voire son absence aux petites heures auxquelles finissent les concerts.

Le groupe musical Radiohead semble l’avoir bien compris. Après avoir commandé une étude visant à mesurer l’impact écologique de ses tournées en 2007 au bureau d’étude anglais Best Foot Forward spécialisé dans cette thématique, le groupe s’est engagé à privilégier les salles en centre-ville et à déplacer son matériel par bateau plutôt que par voie aérienne, de manière à diminuer ses émissions de CO2. Les fans ne sont pas en reste puisque le groupe entend bien les inciter à avoir une démarche plus respectueuse de l’environnement lors de leurs déplacements. Une telle initiative ne peut être que saluée, d’autant qu’elle reste singulièrement (!) unique en son genre. Aucun autre groupe musical ne semble en effet avoir pris le train en marche et décidé d’imiter Radiohead dans sa démarche.

D’autres pistes sont bien entendu envisageables, mais découlent d’avantage d’une démarche de la part des organisateurs: utilisation d’électricité verte, diminution des quantités des déchets générées et incitation au tri, utilisation de papier recyclé et d’encre végétale pour les tracts/publicités, distribution de cendriers de poche, aliments bio, locaux, équitables, sensibilisation des participants, etc. Il existe plusieurs bons élèves belges: Esperanzah, mais également Pukkel Pop et Rock Werchter, tous deux primés l’année passée par un Green’n’Clean Award, décerné par l’association des festivals européenne Yourope. Les organisateurs du festival Lasemo s’investissent également pour améliorer la durabilité de cet événement.

De telles démarches doivent être encouragées, notamment par le choix par les festivaliers des événements auxquels ils participent, et leur investissement propre. Quelques pistes supplémentaires pour les festivaliers 2008: éviter le gaspillage en fermant les robinets et éteignant les interrupteurs; privilégier les produits réutilisables lors des achats; trier les déchets; utiliser des verres consignés; enfin, encourager sa famille et ses proches à développer une démarche plus durable. A vous de jouer!

Valérie Xhonneux

Anciennement: Santé & Produits chimiques

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