Négociations climatiques à Bonn : Fossil-of-the-day 1

Les délégués de 182 pays sont actuellement réunis à Bonn pour préparer les textes des négociations qui auront lieu à Copenhague en décembre prochain et devront déboucher sur un accord prenant le relais du Protocole de Kyoto. Comme chaque fois durant les négociations climatiques sous l’égide des Nations Unies, les membres de Climate Action Network (CAN), coalition mondiale d’environ 450 ONGs actives en matière de protection du climat, décernent chaque jour trois “Fossil of the day“[[L’award Fossil-of-the-day a pour la première fois été donné en 1999, également à Bonn, à l’initiative du Forum des ONGs allemandes.]] , distinguant les pays qui ont affiché l’attitude la … moins constructive.

Tout comme pour les Oscars, les prix sont gardés secrets jusqu’à la cérémonie de présentation. L’événement pimente quelque peu la vie technocratique des conférences de l’ONU.

1er juin 2009

La première place revient à l’Australie.
L’Australie a annoncé un objectif de réductions d’émissions totalement absurde. L’objectif australien de 24% de réductions d’émissions de GES est en effet conditionné aux faits

 que tous les pays (y compris les pays en voie de développement) participent au financement de la lutte contre le changement climatique;

 que les pays en voie de développement ralentissent leur croissance;

 réduisent leurs émissions de 20% pour 2020 et déterminent une année de pic pour leurs émissions.

Le deuxième prix revient au Canada.
Si le Canada mentionne la responsabilité commune mais différenciée dans ses positions, il ignore ensuite complètement le principe en indiquant que “toutes les parties” devraient entreprendre toutes les actions dans le cadre du plan d’action de Bali, y compris les objectifs de réduction de 2020.

Le troisième prix a été décerné à l’Islande, qui annonce pour 2020 un objectif de réduction de ses émissions de 15% par rapport aux niveaux de 1990, ce qui est loin de la fourchette de réduction de 25-40% convenue à Bali, et l’est encore plus de l’urgente nécessité de réduire les émissions des pays riches de plus de 40%.