Osé…: selon Touring, les bandes de bus aggravent les embouteillages!

Osé…: selon Touring, les bandes de bus aggravent les embouteillages!

Dans un communiqué diffusé ce jeudi 17 février, l’organisation d’automobilistes Touring affirme que l’aménagement de bandes de bus aux endroits non appropriés crée des embouteillages là où il n’y en avait pas auparavant.

Selon un calcul effectué par Touring, qui recense 250 sites problématiques en Flandre et une quarantaine en région bruxelloise mais «peu» en Wallonie, le temps perdu pour les automobilistes augmenterait de 23%, .

Le porte-parole de Touring, Danny Smagghe, estime que les bandes de bus sont installées de manière illogique. «Très souvent, par exemple, les bandes de bus s’étendent jusqu’aux carrefours. Il serait préférable de les terminer 100 mètres avant les carrefours, afin de dégager davantage d’espace pour les voitures aux feux de signalisation. S’ils sont au vert, beaucoup plus de véhicules peuvent passer» ajoute-t-il. «Lorsqu’on décide de placer une bande de bus, on ne tient compte que de l’avis des transports publics.» Touring qualifie dès lors la procédure d’«absolument anti-démocratique».

«Il y a pourtant des solutions qui pourraient convenir à tous les usagers de la route.» Et l’organisation de citer, notamment, un réaménagement des carrefours ou une modification des règles de circulation de telle sorte qu’une bande de bus devienne superflue. Des bandes de bus dynamiques pourraient également soulager le trafic. A certains moments, durant les heures de pointe ou pendant le week-end, les automobilistes seraient autorisés à emprunter ces bandes. Des panneaux d’affichage dynamiques indiqueraient le comportement à suivre. Enfin, Touring demande que les autorités chargent une instance indépendante d’évaluer objectivement les bandes de bus existantes.

Cette sortie apparaît particulièrement représentative de la vision égocentrique des automobilistes. La situation n’est en effet analysée que de leur simple point de vue. Ainsi, la proposition d’arrêter les bandes de bus 100 mètres avant un carrefour ne prend en compte ni le temps que les bus perdraient dans l’opération – et a fortiori celui qu’ils gagnent grâce à cette bande – ni le danger lié à cette pratique (on n’imagine aisément les coups d’accélérateur et queues de poisson afin de bénéficier de cet espace libéré).

On se plaira par ailleurs à rappeler à Touring que les automobilistes ne sont sans doute pas les plus à plaindre dans la cohabitation difficile entre les véhicules particuliers et les transports publics. Quiconque se déplace dans Bruxelles est régulièrement confrontés aux bus ralentis voire immobilisés par les voitures ayant envahi leur espace réservé afin d’y circuler mais aussi de s’y parquer. Et même les sites propres des trams servent souvent de bande de circulation pour conducteurs pressés ne supportant pas les ralentissements induits par leur congénères…

Soulignons par ailleurs, qu’en terme de consommation d’espace public par voyageur transporté, les transports en commun sont nettement moins gourmands que la voiture individuelle. Faciliter leur circulation est un des moyens les plus efficaces pour réduire les embouteillages !

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Le même nombre de personnes, dans différents moyens de transport. Barcelone, le 2 mai 2010 – www.diagonal.cat

Dès lors, si tout doit effectivement être mis en oeuvre pour améliorer la mobilité, il convient que les automobilistes cessent de se considérer comme les utilisateurs prioritaires et privilégiés de l’espace public. Aucun progrès ne pourra être enregistré sans reconnaissance des autres ni acceptation d’une primauté de l’intérêt collectif sur le personnel.