Oui à l’épuration extensive !

Oui à l’épuration extensive !

Nos eaux usées polluent, ce n’est pas nouveau. Et leur assainissement ne va pas sans mal… Si la Région travaille pour rattraper son retard en matière d’assainissement collectif, surtout dans les grandes agglomérations, les zones rurales font l’objet d’un régime différent qui permet à chacun d’apporter une contribution à une meilleure qualité de l’environnement. Dans ces zones définies comme “d’assainissement autonome” au P.AS.H (plans d’assainissement par sous-bassins hydrographiques; ce terme barbare désigne la cartographie des zones d’assainissement collectif ou autonome en Région wallonne), l’épuration se fait par habitation ou par groupe d’habitations. Dans ces zones, l’installation d’un système d’épuration autonome est obligatoire pour les nouvelles habitations, et volontaire pour les habitations existantes. Deux systèmes sont alors proposés.

La micro station d’épuration fonctionne sur le même principe que sa grande s½ur, par l’action des bactéries fixées sur un support et par un ensemble de processus physico-chimiques (floculation, flottation etc) aisément modélisables. Mais elle nécessite un entretien régulier, consomme de l’énergie et est sensible aux variations de débit en cas d’orage, par exemple.

A l’inverse, les systèmes d’épuration extensive, parfois appelés systèmes de lagunage, utilisent l’action d’un écosystème reconstitué pour combattre la pollution des eaux usées.

Ces systèmes de lagunage ont plein d’avantages: ils ne consomment pas d’énergie pour fonctionner, ne requièrent pas d’entretien particulier hormis celui de la végétation plantée, s’intègrent facilement dans un cadre rural, recréent des zones humides qui sont en disparition dans nos régions et ont une valeur didactique importante: ils permettent de sensibiliser les personnes, et plus particulièrement les enfants, à l’impact de notre mode de vie, tout en exposant concrètement les processus biochimiques utilisés par ces systèmes pour dépolluer l’eau.

Enfin, le suivi visuel d’une pollution accidentelle est beaucoup plus facile à faire: une nappe irisée, les plantes qui dépérissent sont autant de signaux sûrs que quelque chose ne tourne pas rond… Autant de qualités qui manquent aux micros stations d’épuration. Aussi, se basant sur cet ensemble de points forts, Inter-Environnement Wallonie estime qu’il s’agit du meilleur choix possible dans les zones rurales, où l’espace est suffisant pour installer de tels systèmes.

Le terme « lagunage » est en fait assez peu représentatif de ces systèmes d’épuration extensive, car il en existe plusieurs variantes: les lagunes d’eau libre, les lagunes plantées, les filtres à sable, et les filtres plantés (à écoulement vertical ou horizontal) où l’eau n’est pas visible. Dans certains cas, il n’y a même pas de plantes et l’épuration est effectuée uniquement par les bactéries présentes sur le substrat. Bref, chaque système d’épuration extensive est unique, adapté aux besoins du demandeur, et leur installation est une affaire de spécialistes. C’est pourquoi tous les systèmes installés en Région wallonne doivent être conformes, ce qui garantit que ces systèmes satisfont à des critères d’efficacité d’abattage de la pollution.

Rappelons enfin que l’installation d’un système d’épuration autonome dispense de payer le coût vérité d’assainissement, prélevé sur chaque mètre cube d’eau consommé. Dans certains cas, il est aussi possible d’obtenir une prime.

Pour plus d’information sur les différents systèmes d’épuration extensives, vous pouvez télécharger le dossier d’IEW sur le sujet.