Oui à une tarification progressive… et solidaire de l’électricité

Oui à une tarification progressive… et solidaire de l’électricité

Le Ministre wallon de l’énergie, Jean-Marc Nollet, proposera ce jeudi au Gouvernement régional la mise en œuvre d’une tarification progressive de l’électricité.
La Fédération Inter-Environnement Wallonie (IEW) salue l’esprit de cette réforme qui mettrait fin à la situation actuelle, socialement et environnementalement aberrante, où le coût du kilowatt diminue quand la consommation augmente. IEW insiste toutefois sur la nécessité de garantir que les mesures mises en œuvre n’impacteront pas négativement les ménages précarisés et les familles nombreuses.

La polémique engendrée ces derniers jours par la proposition du Ministre Nollet d’instaurer la gratuité sur les 500 premiers kilowattheures consommés par les ménages wallons a malheureusement occulté l’enjeu de la réforme dans le cadre de laquelle cette mesure s’inscrit : l’instauration d’une tarification progressive de l’électricté.

Jusqu’à présent, les clients résidentiels wallons sont soumis à une tarification dégressive et particulièrement illogique puisque plus ils consomment, plus le prix du kWh diminue. Une situation qui n’incite pas à une diminution de la consommation et constitue un aberration environnementale mais aussi sociale. La Commission wallonne pour l’énergie (CwaPE) montre en effet que plus vos revenus sont élevés plus votre consommation électrique est importante… et moins votre « abus d’électricité » vous coûte, les kilowatts excédentaires étant de moins en moins chers ! La réforme sur la table devrait mettre fin à ce paradoxe.

Inter-Environnement Wallonie soutient pleinement ce projet en phase avec les exigences de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et les défis liés à la raréfaction des ressources énergétiques. IEW considère que la mise en œuvre de cette réforme fondamentale mérite une réflexion globale et un large consensus qui doivent dépasser le cadre d’une mesure essentiellement symbolique. Autrement dit, l’enjeu se situe bien au-delà de ces 500 kilowattheures gratuits qui ne peuvent constituer ni un préalable incontournable ni un motif de rupture.

Par ailleurs, IEW insiste pour que toutes les garanties soient mises en œuvre afin que cette (r)évolution tarifaire n’affecte pas la facture électrique des ménages précarisés, dont certains n’ont d’autres recours que de se chauffer à l’électricité. La fédération environnementale souhaite en outre que l’ensemble de la politique énergétique impulsée par le Gouvernement wallon intègre un soutien spécifique aux ménages modestes, souvent les plus en besoin mais les moins en mesure d’investir pour économiser l’énergie. Les aides publiques ne sauraient en effet participer à renforcer les inégalités sociales comme ce fut le cas avec certains mécanismes de financement (ex. : le photovoltaïque).