Parce que le climat le vaut bien !

Ce vendredi 22 septembre sera « Journée européenne en Ville Sans ma Voiture ». En lien avec le thème (quelque peu occulté de ce côté-ci de l’Europe…) de la Semaine de la Mobilité, « Le changement climatique, vous pouvez le maîtriser», cet événement symbolique offre à Inter-Environnement Wallonie l’opportunité de rappeler la responsabilité majeure des transports en général et de l’automobile en particulier dans le changement climatique en cours. Pour IEW, maîtriser ce changement passera impérativement par une remise en cause de nos habitudes de mobilité et de la place que nous y donnons à la voiture.

« Le changement climatique est l’un des plus grands défis que le monde doit relever. » Ce n’est pas une affirmation alarmiste de quelques intégristes écolos mais le constat qui vous accueille sur le très officiel site de la Semaine européenne de la mobilité[[www.mobilityweek-europe.org
]]. De menace plus ou moins tangible, ce changement s’est en effet mué en un processus qu’il n’est plus temps de nier mais bien d’enrayer…
Le secteur des transports en général et la voiture en particulier ont un rôle capital à jouer dans ce combat vital pour les générations futures. Malheureusement, la prise de conscience tarde à s’opérer. Privilégiant l’intérêt particulier à la sauvegarde collective, certains feignent même de voir dans les dénonciations et remises en cause de l’autocentrisme une « forme insidieuse de destruction de la démocratie » (sic) ! [[M. De Smedt, Président de la Fédératioon belge de l’automobile et du cycle (FEBIAC) dans une interview à « L’Echo », en date du 13 septembre 2006
]]

Les chiffres sont pourtant là pour rappeler la gravité de la situation et l’urgence de la réaction. Dans le cadre du Protocole de Kyoto, principale arme actuelle dans la lutte contre le changement climatique, la Belgique s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 7,5% à l’horizon 2010 par rapport à 1990. Or, entre 1990 et 2003, les émissions totales belges ont … augmenté de 0,6%. Si plusieurs secteurs – notamment l’industrie – ont bel et bien diminué leurs émissions, d’autres les ont par contre fortement augmentées, notamment le transport qui enregistre une hausse de 30% sur la période considérée ! [[« Transport and environment : facing a dilemna », European Environment Agency, 2006
]] Alors que ce secteur était responsable de 14% des émissions totales en 1990, il représente aujourd’hui 18% de l’ensemble. Et environ 60% de ces émissions sont imputables aux automobiles. Le respect des engagements de Kyoto passera donc impérativement par une maîtrise des émissions du secteur transport. CQFD.

Les citoyens ont un rôle à jouer en réorientant leurs choix vers les transports en commun et la mobilité douce. On l’a déjà dit et répété en vain : une part importante des déplacements en voiture (entre 50 et 70% selon les sources) portent sur des trajets inférieurs à 5 km … pour lesquels, indépendamment de son caractère polluant, l’automobile s’avère souvent l’option la plus onéreuse et la plus lente !
Les politiques ont également une responsabilité à assumer. Outre leur efforts méritoires pour mettre en place des réseaux de transports en commun permettant d’offrir des alternatives attractives à la voiture, il leur appartient également d’imposer à l’industrie automobile des normes d’émissions contraignantes. Car n’en déplaise au président de la FEBIAC, affirmer qu’il « est possible de rouler aujourd’hui sans polluer »(4) est une hérésie. Certes, les émissions de « polluants locaux » (particules fines, NOx, CO…) sont partiellement maîtrisées mais celles de CO2, principal gaz à effet de serre, atteignent toujours des niveaux inacceptables et les accords volontaires de réduction signé par les constructeurs restent sans effet. C’est tellement vrai que la Commission européenne a brandi fin août, pour la première fois, la menace de mesures contraignantes. Enfin, on l’oublie trop souvent, aucune solution efficace et durable ne pourra être apportée sans des politiques volontaristes d’aménagement du territoire visant à une densification de celui-ci.