Particules fines: ces pics qui cachent la forêt

Particules fines: ces pics qui cachent la forêt

La Cellule Interrégionale de l’Environnement (Celine) a confirmé ce jeudi une alerte aux concentrations de particules fines pour ces vendredi 9 et samedi 10 janvier. En conséquence, les mesures visant à réduire les émissions polluantes issues du transport routier seront à nouveau d’application.
Pour la Fédération Inter-Environnement Wallonie, la problématique des particules fines est un problème de santé publique permanent que ces pics liés à des conditions météorologiques exceptionnelles ont tendance à occulter. Les mesures ponctuelles imposées lors de ces situations d’urgence importent moins que des mesures structurelles que l’on attend vainement.

Pour la seconde fois en moins de quinze jours, les automobilistes du pays vont donc se voir imposer des restrictions de vitesse destinées à réduire leurs émissions de particules fines. Le niveau de pollution par ces substances microscopiques issues (notamment) de la combustion du diesel dépassera en effet dans les prochains jours le seuil maximum autorisé.

Il serait mal venu de critiquer cette mesure mais force est de constater qu’elle ne sert qu’à gérer un problème et non à le résoudre ; la pollution est là et on va faire en sorte qu’elle ne s’aggrave pas. Soit. Mais une fois le niveau retombé sous le seuil d’alerte, tout recommencera comme avant et une part non négligeable de la population urbaine continuera à baigner dans un environnement dangereux pour sa santé.

L’analyse scientifique atteste clairement qu’une exposition de longue durée à des seuils moyens de particules fines est nettement plus préjudiciable qu’une exposition passagère à un niveau élevé. L’exposition prolongée raccourcirait ainsi l’espérance de vie de plus d’un an. Une réduction drastique et permanente des particules fines dans l’atmosphère s’impose donc[Voir aussi [cet article ]].

L’industrie, responsable de 64,4% des émissions est soumise à des mesures structurelles fortes régulièrement renforcées. Le transport routier, qui intervient à hauteur de 20,8% dans le problème, échappe par contre à cette gestion en profondeur.

On ne viendra pas à bout du problème de santé publique posé par les particules fines sans des actions de fond : fin de la « prime » au diesel, transfert des modes de déplacement en milieu urbain, etc. De même, lever le pied en cas de smog, c’est civique. Mais ce qui est vraiment utile, c’est de ne pas écraser à nouveau le champignon et abuser de la voiture sitôt l’alerte levée… Car on ne peut prétendre combattre l’alcoolisme d’un individu en veillant simplement à ce qu’il ne tombe pas dans le coma éthylique !