Pas encore nés, déjà contaminés…

« Une étude commanditée par Greenpeace et le WWF démontre à quel point les fœtus sont confrontés à la présence in utero de substances dangereuses produites par l’homme. Intitulée A Present for Life, cette étude a été réalisée au départ de 42 échantillons de sang maternel et de 27 échantillons de sang de cordons ombilicaux. Une vingtaine de substances dangereuses appartenant à 8 groupes chimiques différents y ont été identifiées. Bon nombre de ces substances avaient déjà été mises en évidence au cours d’analyses de poussières domestiques et du sang de personnalités politiques. Les substances toxiques découvertes dans les cordons ombilicaux interviennent dans la fabrication de produits de consommation courante. Certaines peuvent agir au détriment du bon fonctionnement des systèmes hormonaux et immunitaires. Le développement de certains organes peut également pâtir de leur présence intempestive. (…) La proposition de loi REACH offre à l’Union européenne une occasion unique d’agir pour protéger les êtres humains et leur environnement des effets pernicieux de substances chimiques dangereuses comme de placer leurs producteurs face à leurs responsabilités. Greenpeace et le WWF s’adressent aux législateurs pour qu’ils prennent en compte les enjeux véritables de cette problématique pour la santé publique et l’environnement en s’assurant que les substances chimiques les plus préoccupantes soient identifiées et éliminées. Pour ce faire, il est nécessaire de rendre obligatoire la substitution de substances toxiques par des alternatives plus sûres. » (extrait du CP WWF-Greenpeace du 08/09/2005)
Le Conseil européen des industries chimiques (CEFIC) prétend que l’alarmisme n’est pas de mise : "La présence de traces d’une substance chimique ne constitue pas nécessairement un risque sanitaire et ne devrait pas causer d’inquiétude", écrivait-il dans les conclusions d’une conférence sur l’environnement et la santé organisée en décembre 2004.
C’est oublier que certaines de ces substances (perturbateurs endocriniens) peuvent agir à très faible dose, que les éventuels effets synergiques sont totalement inconnus, que nombre de ces substances sont persistantes et bioaccumulables et, enfin, que leur toxicité sur les fœtus et les enfants est largement méconnue.
Un exemple : l’incidence des cas d’hypospadie chez les petits garçons est en constante augmentation. En cause : les oestrogènes dans l’eau potable et les pesticides. Une étude menée par les universités de Gand, de Louvain et de Bruxelles, en collaboration avec l’Office de la Naissance et de l’Enfance, est en cours.

Plus d’infos :
Communiqué de presse complet
Le rapport complet "A Present for Life: hazardous chemicals in cord blood" ‘est disponible en anglais
Rapports sur les analyses de poussières domestiques
Rapport sur les analyses de sang de parlementaires européens

Anne Thibaut

Alimentation durable & Société