Poêles et chaudières à bois : des primes et de l’info !

La mesure est excellente et promet une prochaine amélioration environnementale de la filière « chauffage domestique à la biomasse ». En amont, se cache un travail fastidieux. En aval, un sacré coup de pouce pour le consommateur responsable. De quoi s’agit-il ? D’une liste indicative des modèles de poêles et chaudières, manuelles ou automatiques, fonctionnant à la biomasse : bûches, granulés, céréales.

L’augmentation des prix du baril donne à ces nouvelles techniques un prodigieux essor. Bonne nouvelle, car la pénétration de ces système de chauffage biomasse dans nos foyers se révèle particulièrement efficace pour lutter contre les changements climatiques. Pour peu que nos forêts soient bien gérées (voir à ce sujet nos articles sur la certification forestière) le bilan carbone de la biomasse est quasi-neutre. Le CO2 qui s’échappe de nos cheminées a en effet été stocké par les plantes durant leur phase de croissance. Reste l’énergie nécessaire à la coupe, à la transformation et au transport de ces matières. Si les consommations liées à ces activités ne sont pas négligeables, elles existent aussi pour les énergies fossiles. Et de manière croissante ! Les consommations d’énergie liées à leur extraction (de plus en plus profonde), leur raffinage (de pétrole de plus en plus « lourds ») et à leur acheminement sont en constante progression. Globalement, passer à la biomasse permet ainsi de diminuer les émissions de CO2 jusqu’à un facteur dix. Rien de comparable donc aux effets limités d’une substitution du mazout vers le gaz. 

Fin de cette hiver, André Antoine a donc décidé de stimuler par des primes, le marché de ces nouvelles technologies déjà en pleine ébullition. Il vient combler un vide identifié par l’évaluation du Plan wallon pour la maîtrise le l’énergie. Nouvelles technologies ? C’est que les appareils donnant accès aux primes n’ont plus grand chose en commun avec nos « bons vieux poêles ». D’un rendement de 30 ou 40 % (10 à 20% pour un feu ouvert) , on passe à des rendements pouvant aller jusqu’à 80 %. En améliorant la combustion, on peut donc satisfaire des besoins en chauffage avec deux fois moins de ressources. Du même coup, on diminue les quantités de CO, ce qui limite les intoxications, et on limite les émissions polluantes (dioxines et autres imbrûlés ou particules fines ayant un impact sur la qualité de l’air) d’un facteur dix !  Augmenter le rendement des poêles mis en vente constitue donc un levier essentiel à l’amélioration de la qualité environnementale de la filière biomasse ! De ce point de vue, on pourrait regretter la faiblesse du seuil retenu (65% minimum) pour l’éligibilité des primes, tout comme l’absence de modulation de son montant en fonction des revenus des demandeurs.

Mais à l’instar des voitures dont les publicités sont tenues de mentionner les émissions de CO2, aucune obligation du genre n’est aujourd’hui imposée aux vendeurs de poêles ou chaudières biomasse. Dans d’autres pays comme l’Allemagne, l’Autriche ou la Suisse, de sévères normes (rendement supérieur à 85%) sont nécessaires à la mise en vente de tels appareils. Il y a donc chez nous un vide législatif que la liste aujourd’hui disponible vient partiellement combler. Servez-vous en donc pour orienter vos achats. Car comme le dit la Charte récemment adoptée par les membres de l’Apere, l’énergie, même renouvelable, ne se gaspille pas !

Voir la liste des installations et des primes sur http://energie.wallonie.be/xml/doc-IDC–IDD-10031-.html
Voir les enjeux de la certification forestière sur : http://www.ecoconso.be/article244.html
Voir la Charte pour le développement des énergies renouvelables et de l’utilisation rationnelle de l’énergie, adoptée par les membres de l’Apere : http://www.apere.org/doc/Charte_APERe.pdf
Voir le Plan énergie http://energie.wallonie.be/xml/doc-IDD-6921-.html et son évaluation malheureusement indisponible sur le site portail. Une copie peut bien sûr être demandée à t.dementen@iewonline.be

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