Polémique(s) autour du Pacte écologique belge

L’avenir de la planète vaut mieux que des querelles électoralistes !

Depuis jeudi dernier, le Pacte écologique belge est l’objet d’accusations mettant en cause le caractère intègre de sa démarche. Devant ces attaques virulentes qui portent atteinte non seulement à leur image publique mais aussi à la valeur de leur travail et à leur crédibilité auprès des dizaines de milliers de citoyens soutenant leur action, les associations environnementales ne peuvent rester sans réaction et tiennent donc à démonter les reproches qui leurs sont adressés.

Les associations regrettent par ailleurs que certains partis préfèrent alimenter la polémique plutôt que de compléter leur réflexion sur les moyens de faire face à l’urgence écologique. L’avenir de la planète devrait en effet se placer au-dessus des querelles électoralistes.

Le 19 avril dernier, les associations environnementales porteuses du Pacte écologique belge ont présenté un ouvrage intitulé «Acte écologique.be» (Luc Pire Editions) dans lequel sont proposées 36 mesures concrètes, identifiées comme prioritaires pour faire face à l’urgence écologique et au réchauffement climatique.

Le 24 avril, ces 36 mesures ont été soumises aux quatre principaux partis francophones, appelés à se positionner sur chacune d’elles. CdH, Ecolo, MR et PS étaient invités à renvoyer pour le 15 mai un document dans lequel ils préciseraient leur engagement mesure par mesure. Trois possibilités leur étaient offertes :

 «Je soutiens la mesure, je m’engage à la mettre en ½uvre lors de la prochaine législature et je peux préciser concrètement comment je vais la mettre en ½uvre»

 «Je suis opposé à la mesure (elle ne me paraît pas pertinente, adéquate, légitime, réaliste) et je ne m’engage pas à la mettre en ½uvre lors de la prochaine législature»

 «J’hésite, je m’interroge ; je pourrais soutenir certains aspects mais pas tous ; je ne peux pas encore me prononcer sur les modalités concrètes de sa mise en ½uvre lors de la prochaine législature»
CdH, Ecolo et PS se sont soumis à l’exercice; le MR a pour sa part choisi de ne pas répondre.

Ce jeudi 24 mai, au terme d’un «Grand Oral» au cours duquel les présidents ont défendu leur programme environnemental, les associations porteuses du Pacte écologique belge ont fait connaître leur évaluation des engagements pris par chaque parti vis-à-vis des 36 mesures proposées. Les résultats de cette évaluation n’ont pas plu à certains partis qui ont dès lors multiplié les attaques visant à discréditer la démarche. Les associations tiennent donc à démonter les accusations portées contre elles.

«On ne savait pas qu’on allait être coté»

La lettre accompagnant le formulaire d’engagement sur les 36 mesures envoyé aux présidents précisait clairement «A cette occasion (le Grand Oral), les associations feront également connaître leur évaluation des engagements pris par chacun des partis.»

«Les règles ne sont pas transparentes» – «La méthologie – ou plutôt l’absence de méthodologie – est douteuse»

Si elles ne sont peut-être (sans doute…) pas parfaites, les règles ayant servi à l’évaluation ne manquent certainement pas de transparence puisque les réponses des partis agrémentées de l’analyse des associations ayant servi de base à l’évaluation sont publiées intégralement sur le site du Pacte (tout comme la lettre aux présidents évoquée ci-dessus : www.pacte-ecologique.be). La méthodologie employée pour cette analyse y est elle aussi clairement expliquée.

«C’est n’importe quoi, certains ont été jugé sur leurs réponses, d’autres sur leur programme.»

Il était clair dès le départ que l’évaluation porterait sur l’engagement vis-à-vis des 36 mesures et ce sont uniquement ces engagements qui ont été analysés pour chacun des partis, à l’exception du MR. Celui-ci n’ayant pas répondu, les associations ont consulté son programme afin d’y identifier les éléments en concordance avec les 36 mesures proposées.
Cette différence de traitement a été très clairement actée et est mise en exergue dans l’ensemble des documents diffusés.
Les cotations exprimées signifient donc qu’Ecolo soutient à 80% les 36 mesures proposées dans le Pacte, le CdH à 55%, le PS à 47% et le MR – d’après ce que son programme permet d’en juger – à 15%. Rien de plus, rien de moins.

«C’est honteux. Nous sommes tombés dans un piège. Les jeux étaient pliés à l’avance pour qu’Ecolo rafle la mise.»

Chaque parti a été placé sur un strict pied d’égalité, tant pour le briefing initial que pour l’évaluation finale. Répétons-le : réponses et analyses sont à la disposition de tous sur le site du Pacte et cette transparence absolue constitue le meilleur gage de l’équité de la démarche.
Par ailleurs, est-il vraiment étonnant et faut-il chercher une explication tordue au fait qu’Ecolo apparaissent en pointe sur des questions qui sont à l’origine de sont engagement politique et sur lesquelles il travaille depuis près de 20 ans ? Crie-t-on au complot lorsque la FEB décerne un satisfecit au programme du MR ?

Quant à la «désolidarisation» de la Fondation Nicolas Hulot Belgique vis-à-vis de l’évaluation rendue publique jeudi, elle n’a pas dépassé le stade d’une poussée de fièvre médiatique consécutive à l’agitation ambiante. Les responsables de la Fondation ont au contraire réaffirmé leur totale solidarité avec la démarche associative.

Les association espèrent que ces mises au point feront cesser des polémiques stériles et désastreuses pour la cause qu’elles défendent. Derrière le Pacte écologique, il y a en effet non seulement les associations environnementales les plus représentatives mais aussi des dizaines de milliers de citoyens qui ont signé un «Appel à l’action» à destination du politique et des parrains venus de tous horizons non suspects de parti pris idéologique. Par leurs attaques qui se nourrissent non de faits mais de frustrations, certains responsables envoient à ces hommes et à ces femmes mobilisés autour de l’urgence écologique un bien triste signal. L’avenir de la planète vaut mieux que des man½uvres électoralistes.
Pour conclure sur une note positive rendant tout son sens à
ce qui constitue une démarche de mobilisation citoyenne et d’interpellation associative sans précédent, cette agitation autour du Pacte écologique belge tend à démontrer que l’enjeu environnemental est entré de plain-pied dans le débat politique et çà, c’est nouveau et c’est une très bonne nouvelle !

Contact :

Pierre Titeux, Attaché de presse : 0479.497.656 – p.titeux@iewonline.be
Jean-Yves Saliez, Coordinateur du Pacte écologique belge : 0476.999.603

Alain Geerts

Communication & Mobilité