Pub Peugeot attaquée par une association française

Pub Peugeot attaquée par une association française

L’Observatoire Indépendant de la Publicité soutient l’action de l’association Respire dans son action en justice contre la société Peugeot, dont la dernière campagne de publicité ne respecterait pas, selon elle, la Directive européenne 1999/94/CE sur l’affichage des émissions de CO2 et de la consommation de carburant. L’association fait suite, cette fois devant les tribunaux, de l’action menée il y a quelques années par le Réseau Action Climat et Agir pour l’Environnement sur ce même fondement juridique.

Aussi lisible et visible que l’information principale …

Être aussi lisibles et visibles que l’information principale de la publicité, c’est en ces termes que les informations sur les émissions de CO2 et la consommation de carburant devraient être, selon la règlementation en vigueur, affichées dans la publicité papier pour les voitures. Manifestement, nous sommes loin du compte et il semblerait que le problème ne viennent pas seulement de la société Peugeot mais bien de l’ensemble des constructeurs automobiles. Sauf dans les quelques cas où ces informations sont mises en avant pour elles-mêmes.

Dans les différents visuels ci-dessous, vous constaterez que l’élément informationnel récurrent de la campagne est le montant de la reprise argus, affiché en gros sous la présentation des véhicules. Il semblerait donc que les informations sur les émission de CO2 et la consommation de carburant auraient du être affichés de la même taille. Ce qui n’est pas le cas ici.

Détails de la campagne de publicité Peugeot

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Cette campagne de publicité a été diffusée à la télévision et dans la presse nationale, dans le cadre d’un partenariat d’image avec la société Dreamworks et les célèbres personnages de l’âge de Glace, à la veille de la sortie cinéma d’une énième suite.

Ce qui intéresse l’association Respire, c’est la diffusion papier, puisque la règlementation sur l’affichage des émissions de CO2 et de la consommation de carburant concernent les documents éditoriaux de promotion.

L’achat d’espace à coûté, selon les chiffres officiels, environ 870 000 euros. Elle a été diffusées dans les éditions nationales d’un grand nombre de titres de presse comme Femme Actuelle, Le nouvel Observateur, Le Point, etc.

La résolution du Parlement européen d’octobre 2007

Par ailleurs, le Parlement européen a voté une résolution, le 24 octobre 2007, proposant « qu’un pourcentage minimum de 20% de l’espace [publicitaire soit] réservé à des informations relatives à la consommation d’énergie et aux émissions de CO2 ». Les eurodéputés ont considéré que « les dispositions législatives exigeant l’apposition de mises en garde sanitaires sur les paquets de cigarettes constituent un bon exemple » à suivre, et voient « le format A-G utilisé pour comparer l’efficacité énergétique de certains produits électriques comme un modèle ». Ils suggèrent en outre « l’introduction d’un code de la publicité contraignant interdisant les allégations écologiques trompeuses ».

Cela pourrait donner le visuel ci-dessous :

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Lire cet article dans son contexte original, sur le site de l’Observatoire Indépendant de la Publicité.

L’OIP est un espace interactif de promotion d’une publicité responsable (organisme français)

Voici le communiqué de presse

RESPIRE agit en justice contre PEUGEOT

L’association «RESPIRE» intente une action en justice à l’encontre de la société « automobiles PEUGEOT », qui devra comparaitre le mardi 19 juin prochain au tribunal de Grande Instance de Paris.

La Planète a bon dos ! Après avoir utilisé l’argumentaire du bonus écologique pour servir les arguments marketing du moment, il semblerait que la célèbre marque au lion ait perdu de son intérêt pour la question environnementale, cette dernière méconnaissant l’obligation de lisibilité et de visibilité de l’affichage des informations relatives à la consommation de carburant et aux émissions de CO2 des véhicules particuliers neuf
Reléguées au dernier plan de l’information publicitaire, Peugeot semble s’accommoder d’une pratique généralisée en la matière.

Dans une période bientôt estivale où les pics de pollution de l’air sont chaque année dépassés et nous poussent à retenir notre souffle, la période de passivité a maintenant expiré. RESPIRE, lassée d’entendre les autorités jouer sur le sentiment de culpabilité de l’automobiliste en le contraignant à des mesures non efficaces de limitation de vitesse par grande chaleur, considère qu’il est temps de responsabiliser les constructeurs, seuls capables de réduire de manière significative les émissions de CO2.

C’est pourquoi « RESPIRE », association citoyenne militant pour l’amélioration de l’air, avec Ecologie Sans Frontière et la Fédération Nationale des Associations des Usagers des Transports, et le soutien de L’Observatoire Indépendant de la Publicité, a décidé d’engager pour la première fois une action en justice à l’encontre du constructeur PEUGEOT pour sa campagne publicitaire de ses nouveaux modèles de la gamme Family. Dans le cadre de cette action en justice, conduite par Maître Stéphanie ZAKS, Avocat à la Cour, la société Automobiles Peugeot devra se présenter à l’audience des référés du Tribunal de Grande Instance de Paris le jeudi 19 juin prochain.

« Nul n’est censé ignorer la loi. En vertu de quel argument PEUGEOT peut décider de se passer de son application ? Il existe des textes depuis 10 ans et nous n’entendons qu’à les faire respecter1» souligne Sébastien VRAY, Président de l’association RESPIRE.

« Avec cette campagne de publicité, Peugeot revient à l’âge de glace de la communication environnementale. L’argument écologique semble avoir disparu des préoccupations des constructeurs depuis la fin du bonus/malus instaurée par le Grenelle de l’Environnement », ajoute encore Sébastien Vray. »

Pour RESPIRE, l’enjeu de cette action n’est donc pas d’affaiblir l’économie générée par le marché de l’automobile. Nous souhaitons faire émerger une jurisprudence qui inciterait les marques à respecter cette Directive.
En effet, il s’agit d’initier une « concurrence verte », une nouvelle éconologie, pour réduire la pollution de l’air, sans pour autant délaisser le critère commercial de prix auquel le consommateur restera indéniablement attaché.
1 Selon la directive 1999/94/CE, les informations de consommation de carburant et les émissions de dioxyde de carbone doivent être « facilement lisibles et au moins aussi visibles que la partie principale des informations ».
Respire a pour objet la lutte contre la pollution atmosphérique et la protection des victimes de pollution atmosphérique quelle qu’en soit la source. L’association a aussi vocation à garantir, protéger, diffuser et améliorer l’information, l’éducation et les droits des consommateurs dans leurs rapports avec les professionnels en lien direct ou indirect avec la pollution atmosphérique et la qualité de l’air, par tous moyens y compris par voie d’actions en justice.
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