Quand le bruit vous tape sur les nerfs…

Les camions sur la route, les avions de Charleroi, Zaventem ou Bierset, le crissement du freinage des trains, le voisin et sa musique, les mobylettes du quartier,… « STOP ! » a-t-on envie d’hurler… Le bruit ambiant nous pousserait-il a être de plus en plus bruyant ?

Un XXIème siècle bruyant

Une étude montre que les villes britanniques étaient jusqu’à dix fois plus bruyantes en 2001 qu’elles ne l’étaient 10 ans plus tôt. Or, le bruit est la principale préoccupation environnementale des européens. Le bruit est vécu par l’organisme comme une agression et peut induire à la longue un état de fatigue. C’est un facteur de stress et d’anxiété : perturbation du temps et de la qualité du sommeil, perturbation du système endocrinien par la sécrétion d’adrénaline pendant le sommeil, affaiblissement du système immunitaire. Le bruit concourt à l’aggravation de l’état de santé des personnes présentant un état anxio-dépressif.

« Et que fait-on pour remédier à cela ? » On transpose la Directive Bruit (2002/49/CE), étape par étape. Pour le moment, les états membres en sont à la phase d’inventorisation, bref de collecte des données pour réaliser des cartes « sonores » des villes de plus de 250.000 habitants et des tronçons de route et de chemin de fer les plus fréquentés. Viendront ensuite les villes de 100.000 habitants. Les états membres devront rédiger des plans d’action pour réduire le bruit dans ces zones, mais rien n’est attendu avant 2013 en Wallonie.

Comme souvent dans les problèmes environnementaux, la matière est transversale. Ici, les aspects liés aux sources de bruit sont réglementés par ailleurs. Les performances acoustiques des revêtements de routes, des pneus, des moteurs, etc. dépendent en effet des DG Entreprises et DG Transport, tandis que la Directive Bruit est un produit de la DG Environnement.

Des initiatives en forme de bulles de silence

Ce 12 décembre était organisée, à l’initiative du bureau européen de l’environnement (BEE) une rencontre entre les ONG européennes préoccupées par les nuisances dues au bruit.
Au delà des projets de lobby sur une nouvelle directive « pneus », les ONG ont fait part de leurs actions en faveur de la réduction du bruit ou de la possibilité de s’y soustraire.
Deux types d’activités ont retenu mon attention :
1 : les balades silencieuses proposées par une ONG norvégienne. Le silence et les bruits de la nature sont des sources d’inspiration, de réflexion, et sont propices à la création. L’ONG amène un groupe à reprendre contact avec ces bruits, en partant du cœur de la ville pour s’en éloigner et se fondre peu à peu dans la campagne, la forêt.
2 : la création de zones calmes. De nombreux pays ont établis des « zones calmes », dans lesquelles les activités bruyantes sont réglementées. Ces projets présentent souvent de belles complémentarités, tant au niveau de la conservation de la nature, que du développement du tourisme « vert ».

Pour en savoir plus :

http://ec.europa.eu/environment/noise/
http://www.ukna.org.uk/
Health Council of the Netherlands. Quiet areas and health. The Hague: Health Council of the Netherlands, 2006; publication no. 2006/12

Crédit photographique: http://www.ahlln.be