Qui veut la peau du CFDD ?

Qui veut la peau du CFDD ?

Six mois à peine après avoir pris la présidence du CFDD, Philippe Maystadt a décidé de renoncer à ce mandat. Constatant « avoir perdu la confiance d’une des composantes » du Conseil, l’ancien patron de la Banque européenne d’investissement estime ne plus être à même de remplir correctement sa mission.
Les ONG environnementales et Nord-Sud siégeant au CFDD (IEW, WWF, Greenpeace, CNCD-11.11.11, Oxfam-Solidarité) regrettent profondément cette décision qui prive le Conseil d’un homme remarquable. Ce départ témoigne pour elles du manque de volonté de la FEB d’avancer concrètement sur les enjeux de développement durable.

Lors de son entrée en fonction à la tête du CFDD en septembre 2012, Philippe Maystadt déclarait : « Le Conseil fédéral doit jouer un rôle d‘aiguillon et aller plus loin que les généralités. Donc se heurter à certains conservatismes ». Ce sont précisément ces conservatismes qui l’ont conduit à la démission, conclusion de passes d’armes répétées avec la Fédération des entreprises de Belgique. Le dernier accrochage en date autour de la note définissant les priorités du Conseil pour les cinq années à venir ne constitue en effet que la goutte qui a fait exploser la patience d’un homme excédé par « l’arrogance » et la stratégie de blocage du monde patronal.

Pour les ONG représentées au sein du CFDD, cette démission est un nouveau coup dur à encaisser après la récente recomposition du Conseil qui avait vu le nombre des associations réduit de deux tiers initialement puis de moitié alors que les patrons et les syndicats gardaient leurs quotas inchangés.

Au cours des six mois de la présidence de Philippe Maystadt, force nous a malheureusement été de constater que les bâtons que certains s’efforcent de mettre dans les roues d’un nouveau modèle de concertation et in fine de son travail de présidentau service d’ « (….) une formule de croissance plus économe en ressources, en énergie et en matière premières (…) » étaient plus résistants que les oppositions qu’il a eu à gérer dans ses fonctions antérieures. Un constat qui en dit long sur la difficulté de faire évoluer les mentalités afin de répondre aux enjeux d’un développement soutenable. Seule une participation large de la société civile est à même de créer un autre mode de pensée à même de relever ce défi.

Les ONG souhaitent assumer pleinement leur rôle dans la définition et la mise en œuvre de ce nouveau modèle de développement. Elles refusent toutefois d’être prises en otages par les ukases et les stratégies de blocages d’instances faisant définitivement primer la défense d’intérêts particuliers peu représentatifsde la pratique de la responsabilité sociétale par les entreprises sur la recherche de l’intérêt général. Elles n’accepteront pas de siéger au sein d’un CFDD qui entérinerait cet état de fait.