Rapport définitif de la Commission « ENERGY 2030 » : l’avis des associations

Rapport définitif de la Commission « ENERGY 2030 » : l’avis des associations

Au mois de juin dernier, la Commission « Energy 2030 » (CE2030) présidée par le Professeur D’Haeseleer (photo) présentait son rapport définitif sur l’avenir de l’approvisionnement énergétique de notre pays. Il faisait suite à la période de consultation durant laquelle huit panels d’experts ont été invités à analyser le document.

professeur.jpg
Durant cette période de consultations, la CE2030 a essuyé de vives critiques : tant la Banque nationale de Belgique, que les régulateurs régionaux (CWAPE et VREG), les régions bruxelloises et flamandes ont émis de vives critiques à l’égard du rapport préliminaire. En outre, 9 des 10 recommandations formulées dans le document ne sont pas soutenues par une majorité des membres du CFDD ou du conseil général de la CREG (ONG, associations de protection des consommateurs, syndicats). Enfin, le Professeur J-P Van Ypersele, membres de la CE2030, s’est désolidarisé des conclusions du rapport. La CE2030 s’est engagée dans son rapport (p. 37) à publier ces avis, qui ne sont pourtant toujours pas disponibles quatre mois après la publication du rapport.

Pourtant, peu de changements fondamentaux ont été apportés à la version finale du document, dont les principales modifications relèvent davantage de la cosmétique. Les membres permanents de la CE2030, dont les affinités avec le secteur nucléaire et les prises de positions en faveur de l’atome sont notoires[[Pour plus d’informations concernant la composition de la CE2030, consulter le document ci-contre.]] , persistent donc dans leur raisonnement et réclament un maintien – voire un développement – du nucléaire sur base d’une étude aux hypothèses tronquées. Ce que les associations environnementales craignaient dès la constitution de la CE2030 en 2005 s’est donc vérifié : il y a lieu de s’interroger si, lors de la mise en place de cette commission, le ministre fédéral de l’énergie, Marc Verwilghen, n’a pas davantage commandé des conclusions plutôt qu’une étude.

Sur base d’une analyse approfondie de la version définitive du rapport, plusieurs associations[[Inter-Environnement Wallonie, Inter-Environnement Bruxelles, Bond Beter Leefmilieu, Brusselse Raad voor het Leefmilieu, Greenpeace, WWF, l’APERe, Amis de la Terre et Friends of the Earth Flanders & Brussels]] ont rédigé un avis argumenté. Elles constatent que malgré les nombreuses remarques émises durant la période de consultation du rapport préliminaire, le rapport final de la CE2030 est toujours entaché de manquements très importants, d’erreurs d’interprétation et d’hypothèses caduques. Cela conduit à des conclusions biaisées et à des recommandations dépourvues de fondements pertinents. En outre, la CE2030 n’a pas pleinement rempli la mission qui lui a été confiée en n’abordant pas la problématique énergétique dans son ensemble – le rapport porte essentiellement sur l’approvisionnement en électricité – sur une base objective intégrant toutes les composantes du développement durable : intérêts économiques, sociaux et environnementaux. Les associations environnementales demandent, en outre, que les considérations éthiques soient également prises en compte, et ce tant à court terme qu’à long terme. Par conséquent, elles considèrent que ce rapport ne peut servir de base aux débats indispensables sur l’approvisionnement énergétique de notre pays qui auront probablement lieu dans un avenir proche.

L’ensemble des commentaires formulés par les associations peut être consulté :

CE2030 – Avis des ONG Membres de la CE2030

Inter-Environnement Wallonie

La voix du mouvement environnemental