Réduction des émissions de CO2 dans l’automobile

Fiat à la pointe; Citroën, Renault, Ford et Peugeot sur la bonne voie; tous les autres à la traîne! Un rapport de T&E

Transport & Environment (T&E), fédération européenne ½uvrant pour une approche environnementale du transport et de la mobilité [[T&E regroupe 44 associations membres actives dans 20 pays. www.transportenvironment.org]], a présenté ce mercredi un rapport intitulé « Votre marque de voiture est-elle propre ? »[[Etude complète (version anglaise) en pièce jointe.]]. Cette étude réalisée par des experts indépendants analyse marque par marque l’avancement de la réduction des émissions de CO2.
Les constructeurs souhaitaient éviter cette évaluation individuelle. Au vu de ce rapport, on les comprend : à peine 5 des 20 marques les plus vendues en Europe sont en effet sur la bonne voie pour atteindre les objectifs que le secteur automobile s’était lui-même fixé !
Pour Inter-Environnement Wallonie, membre de T&E, cette étude confirme que, malheureusement…, seules des mesures contraignantes conduisent à de réels progrès.

En 1998, l’Association Européenne des Constructeurs Automobiles (ACEA) a conclu avec la Commission européenne un accord volontaire en vertu duquel la moyenne des émissions de CO2 des voitures vendues sur le marché de l’Union en 2008 ne devrait pas excéder 140g/km (contre 186g/km en 1995).

Les constructeurs japonais (JAMA) et coréens (KAMA) conclurent un accord similaires en 1999 avec un objectif de 140g/km à l’horizon 2009. Afin dévaluer l’avancement de cet accord, les constructeurs doivent fournir à la Commission les chiffres d’émissions de leurs véhicules sur base d’un cycle de tests officiels. Ils avaient toutefois obtenu que les résultats marque par marque ne soient pas divulgués.

L’étude rendue publique ce mercredi par T&E est donc la première à faire le point sur les efforts réels de chaque constructeur. T&E a mandaté l’Institut pour une Politique Environnementale Européenne (IEEP) afin qu’il analyse les données relatives aux véhicules vendus sur la période 1997-2005. (Données fournies par R.L. Polk Marketing Systems GmbH, principale source de référence de l’industrie automobile.)

Il ressort de cette analyse que les trois quarts des constructeurs affichent un rythme de réduction des émissions de CO2 de leurs véhicules totalement insuffisant ! Nissan produit les résultats les plus médiocres, suivi par Suzuki, Mazda, Audi, Volvo, BMW et Volkswagen. Le taux de réduction affiché par ces sept constructeurs est inférieur à la moitie de ce qui serait nécessaire pour atteindre l’objectif fixé dans l’accord volontaire ! A l’opposé, Fiat présente le meilleur bilan devant Citroën et Renault puis, légèrement en retrait, Ford et Peugeot. Pour ces cinq-là, l’objectif des 140 g/Km devrait être atteint en 2008. L’analyse met par ailleurs en évidence le fait que Toyota, créateur de la Prius, modèle hybride donné en exemple pour ses faibles émissions, affiche un taux de réduction médiocre sur l’ensemble de sa gamme. Ce qui démontre que pour être réellement efficace, la lutte contre les émissions de CO2 doit porter sur l’ensemble des véhicules et non pas se concentrer sur un ou deux modèles emblématiques.

Pour Aat Peterse, responsable du Programme Voitures Propres chez T&E, les enseignements de cette étude sont évidents : « Si on considère les deux plus gros vendeurs sur le marché européen, Volkswagen et Renault, on constate que Volkswagen est très en retard sur l’objectif alors que Renault, qui partait pourtant avec des émissions plus élevées est en bonne voie pour l’atteindre. Cela signifie clairement que cet objectif est réalisable pour peu qu’on s’en donne les moyens. Aussi longtemps que trois quarts des constructeurs pourront manquer impunément à leurs engagements, il sera impossible de réaliser les progrès nécessaires. La Commission européenne doit en tirer les conclusions : les accords volontaires ne sont pas efficaces et il faut y renoncer pour imposer à la place des mesures contraignantes. Les constructeurs doivent pouvoir être tenus pour responsables de leur inefficacité dans la lutte contre les émissions de CO2 et sanctionnés en conséquence. » Ce constat rejoint la revendication portée par Inter-Environnement Wallonie depuis plusieurs années. A l’heure où la lutte contre le réchauffement climatique s’impose comme une urgence internationale, ces mesures ne peuvent plus attendre. L’automobile est en effet responsable de quelque 15% des émissions de C02 en Europe et ces émissions augmentent de manière continue depuis 1990…

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