Réforme de la PAC : peu de marges de man½uvre


Réforme de la PAC : peu de marges de man½uvre


Afin de lancer la réforme de la politique agricole (PAC), le nouveau commissaire à l’agriculture, Dacian Ciolos, a organisé une consultation des parties prenantes qui s’est terminée le 11 juin 2010. Le succès de cette consultation devrait conforter sa volonté de revoir en profondeur la politique agricole. Mais derrière les discours, sa marge de man½uvre reste étroite. En effet, en dehors du greening nécessaire des aides européennes, tant la Commission que le Conseil des ministres de l’agriculture n’entendent pas revoir les orientations libérales dominantes depuis 1992.


Revoir la politique agricole en profondeur, ce serait lui donner des objectifs clairs dans le cadre d’une souveraineté alimentaire assumée. Notre souveraineté alimentaire repose sur les enjeux suivant : la qualité de notre alimentation, l’approvisionnement en protéines (dépendant presque exclusivement des importations) et le partage entre les fonctions alimentaires et non alimentaires des productions agricoles tant en Europe que dans le reste du monde. Or, les objectifs des réformes précédentes ne visaient qu’à les lier toujours plus au marché mondialisé de la production agricole. Les effets sont connus : crise alimentaire en 2008 et crise du lait depuis plus d’un an, sans que l’on veuille bien en tirer les leçons.

A l’inverse, la régulation des marchés agricoles, à travers les instruments de gestion de l’offre, a démontré son efficacité pour assurer la stabilité des marchés et des prix. Mais la Commission a jeté l’opprobre sur ces instruments qu’elle n’a pas su moduler et utiliser en son temps pour adapter la politique agricole et éviter les surproductions des années 80. Place donc à de nouveaux instruments tel l’assurance récolte semi publique / privée, la contractualisation… Autant d’abandon par le politique du domaine public à la sphère privée pour des demi-mesures juste capables de limiter les évolutions conjoncturelles mais totalement inefficaces vis-à-vis de l’évolution structurelle des marchés.

Difficile donc à ce stade d’envisager une refonte en profondeur de la politique agricole… à moins que le Parlement ne s’invite dans les débats.

crédit photographique : arenysam – Fotolia.com

Lionel Delvaux

Anciennement: Nature & Ruralité