Remise des prix chez IEW

La fédération Inter-Environnement Wallonie, qui regroupe près de 150 associations de défense de l’environnement, a remis ce mercredi ses traditionnels « Palme & Chardon ».
L’écrivain et chroniqueur Thomas Gunzig a reçu la « Palme » pour « le poil à gratter qu’il sème dans les consciences ».

L’intercommunale Idelux s’est quant à elle vue attribuer le « Chardon » – autrement dit le bonnet d’âne – pour son soutien à un projet de maternité porcine sur le site de la Ferme Papine à Transinne.

En distinguant Thomas Gunzig, la fédération des associations environnementales a «choisi de récompenser non pas un acteur environnemental particulièrement brillant, non pas une administration ou une entreprise aux choix remarquables mais un citoyen sensible aux maux de l’époque doublé d’un artiste dont le talent porte les convictions, bref, un artiste-citoyen égrénant du poil à gratter dans nos consciences».

Dans l’argumentaire étayant son choix, IEW explique : «A travers ses chroniques, Thomas Gunzig ne se fait pas dispensateur de bonne parole. Contrairement à d’autres littérateurs convaincus de leur aura intellectuelle et de leur supériorité dialectique, il ne nous assène pas ses vérités et sa vision du monde mais il nous fait partager ses pensées, ses doutes, ses interrogations et, à travers eux, les évidences percolent. Gunzig, ce n’est pas le penseur qui prend nos neurones en otage pour amener notre pensée là où il veut ; c’est plutôt l’agitateur d’idées qui nous secoue le bon sens, nous titille l’intellect mais aussi le c½ur et l’âme pour nous sortir d’une léthargie d’autant plus dangereuse qu’elle est confortable. Cet activisme artistique et citoyen nous apparaît aujourd’hui fondamental. Par-delà les discours d’experts et les prises de positions politiques, il importe en effet que chacun(e) puisse s’approprier les enjeux du problème et profite au maximum des canaux de communication à sa disposition pour éveiller l’intérêt et susciter la réflexion. Non suspectes d’idéologies, ces voix sont plus que toutes autres susceptibles d’être entendues et écoutées car elles parlent un langage simple et vrai. Quand Gunzig motive son adhésion au Pacte écologique belge par un pur égoïsme lui faisant craindre pour l’avenir de ses enfants, peu importe en fin de compte quelle est la part de vérité, d’humour ou d’ironie désabusée : le message passe et cela fait tilt chez plus d’un(e).»

A l’opposé, l’intercommunale luxembourgeoise Idelux reçoit le «Chardon», bonnet d’âne environnemental sanctionnant le soutien apporté au projet de maternité porcine et de développement d’une filière industrielle en Province de Luxembourg, projet qu’IEW estime «en totale contradiction avec les principes d’un développement durable et d’une agriculture responsable». Pour la fédération, « le seul développement apporté par ce projet est celui de la firme intégratice, basée en Flandre, qui peine devant des marchés de plus en plus circonscrits par les exigences environnementales de l’autre côté de la frontière linguistique. (…) Idelux par son action délocalise une production fragilisée en Flandre au détriment de la qualité de l’environnement en Province de Luxembourg, du cadre de vie et du développement touristique.»Mais «par-delà ce cas emblématique, c’est plus généralement la politique d’investissement des intercommunales dans des projets échappant au bon sens économique et environnemental» qu’Inter-Envrionnement Wallonie a souhaité mettre en exergue.

Lors de cette cérémonie, la fédération a également mis à l’honneur deux de ses membres dont l’action au cours des derniers mois mérite un coup de chapeau concrétisé par un «Prix des Associations».

Active sur des dossiers de décharge et de Centre d’Enfouissement Technique, l’ADEM (Association de Défense de l’Environnement de Monceau-Goutroux) présente la particularité d’être implantée dans une région plutôt défavorisée où l’environnement figure trop rarement au rang des préoccupations. Cette action opiniâtre en faveur de la qualité de vie d’habitants très mal lotis socialement méritait d’être saluée ; c’est chose faite avec ce Prix des Associations.

Un Prix a également été attribué à l’asbl Vesdre-Avenir qui a vu le jour et s’est structurée autour d’un imposant projet immobilier affectant le c½ur de Verviers. En effet, à l’heure où la plupart des villes cherchent à valoriser leurs rivières, la cité lainière – pourtant décrétée «Capitale de l’eau» ! – rame à contre-courant en soutenant l’idée d’un centre commercial devant couvrir la Vesdre sur une longueur de 125 mètres, ce qui détruirait irrémédiablement ce qui fait l’identité et le charme de Verviers, tant sur le plan paysager que patrimonial, naturel ou social. Vesdre-Avenir veille au grain et se bat bec et ongle contre ce projet depuis des mois. IEW constate : «Hyper active et toujours sur la balle, l’association se mobilise pour l’avenir de sa ville, avec des arguments environnementaux et sociaux, réfléchis et pertinents. Ses moyens d’action sont diversifiés et efficaces, réactifs et proactifs : site, conférences de presse, pétitions, recherche de parrains, distribution de tracts, banderoles sur les maisons, réalisation de T-shirts et de badges mais aussi ateliers de réflexion… L’association ne lésine pas sur les moyens et ses membres ne sont avares ni de leur temps, ni de leur énergie, ni de leurs talents ! L’association est d’autant plus méritante que le Bourgmestre, Claude Desama, soutient activement le projet et ne tolère aucune critique. (…) Confrontée à la difficulté d’exprimer à Verviers un point de vue différent de celui du pouvoir local, Vesdre-Avenir milite aujourd’hui également (surtout ?) pour la liberté d’expression et le respect des valeurs démocratiques. Alors que l’on déplore régulièrement le désinvestissement du citoyen de la chose publique et son désintérêt pour le cadre de vie au-delà du fond de son jardin, cette démarche citoyenne mérite d’être épinglée…»

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 Pierre Titeux, Attaché de presse : 081.255.284 – 0479.497.656 – p.titeux@iewonline.be

Alain Geerts

Communication & Mobilité