Smog : c’est pas moi, c’est les autres !

Smog : c’est pas moi, c’est les autres !

Aujourd’hui comme hier, la circulation automobile dans notre pays fait l’objet de limitations de vitesse motivées par des pics de pollution aux particules fines que l’on nous annonce venues des pays de l’Est.
La Fédération déplore cette communication simpliste qui déresponsabilise les citoyens. Pour IEW, s’il y a pics, c’est parce que les niveaux habituels de particules fines sont tels que le moindre phénomène « extraordinaire » génère un dépassement des seuils considérés comme tolérables. Plus que les pics épisodiques, c’est donc cette pollution de fond qu’il convient d’attaquer.

D’habitude, plusieurs fois par an, les alertes aux particules fines trouvent leur explication dans des « conditions météorologiques défavorables ». Ici, la responsabilité incomberait à des particules venues de l’Est. (Mais Airparif, équivalent parisien de notre Celine – Cellule interrégionale de l’environnement – lance ce mardi une alerte pollution en Ile-de-France « du fait d’une pollution importée de Belgique »… )

En fin de compte, la cause de ce dépassement de seuil[[A noter au passage que les « seuils tolérables » se situent à des niveaux deux fois supérieurs à ceux préconisés par l’OMS…]] importe relativement peu. Au contraire des comportements faisant que les individus, surtout dans les grandes villes, baignent en (quasi) permanence dans un air saturé de particules fines.
L’analyse scientifique démontre en effet qu’une exposition récurrente à des niveaux moyens est beaucoup plus préjudiciable à la santé qu’une exposition passagère à un niveau élevé. Autrement dit, les phénomènes de pics sont moins graves que la pollution endémique. Mais cette réalité est totalement occultée par une communication « de (pseudo) crise » totalement contre-productive…

Pourtant, les enjeux sanitaires sont loin d’être négligeables. On estime ainsi qu’une exposition prolongée aux particules fines réduit l’espérance de vie de plus d’un an ; quelque 350.000 décès prématurés par an en Europe leur seraient imputables. Sans parler des impacts chez les asthmatiques, les personnes souffrant de troubles respiratoires, les femmes enceintes…

Pour la Fédération Inter-Environnement Wallonie, les mesures prises ces derniers jours comme à l’occasion de chaque pic permettent de gérer le problème, pas de le résoudre. C’est comme prétendre soigner un alcoolique en veillant simplement à ce qu’il ne tombe pas dans le coma éthylique… Le problème doit être traité à sa source.

L’industrie, responsable de 64,4% des émissions est soumise à des mesures structurelles fortes, régulièrement renforcées. Le transport routier, qui intervient à hauteur de 20,8% dans le problème, échappe par contre à cette gestion en profondeur. Inter-Environnement Wallonie rappelle donc une fois de plus l’urgence de mettre fin à « la prime » – via des accises réduites – sur le diesel et un plan ambitieux favorisant le changement des modes de déplacement en milieu urbain. C’est une question environnementale mais aussi et surtout de santé publique.