SNCB : économisons, oui, mais sur les dépenses inutiles !

Selon les informations parues dans la presse, le Conseil d’administration de la SNCB Holding qui se réunira cet après-midi devrait décider de la suppression de 200 à 300 trains par jour, fermer les guichets dans une quarantaine de gares et imposer une surtaxe de 7 euros sur les tickets achetés dans les trains.
La Fédération Inter-Environnement Wallonie considère que ces mesures iraient à contre-sens du projet de mobilité durable que notre pays doit mettre en place et dans lequel le rail est appelé à occuper une place centrale. Si des économies sont à réaliser, elles ne peuvent en aucun cas être préjudiciables aux voyageurs. L’abandon de projets pharaoniques (la gare de Mons…) et une rationalisation de la structure éclatée de notre groupe ferroviaire constituent des options plus conformes à l’intérêt général.

S’il devait confirmer les intentions qu’on lui prête, le Conseil d’administration de la SNCB franchirait un pas de plus dans le démantèlement du réseau ferroviaire belge initié en 1984 avec la réforme IC-IR et la fermeture simultanée de 234 gares et points d’arrêts. Cette politique s’inscrit dans une volonté de privilégier le trafic international, les « grandes lignes » et les déplacements de moyennes et longues distances. Or, tant les enjeux de mobilité durable que la pression sur les ressources énergétiques exigent tout au contraire une offre élargie et diversifiée.

Pour IEW, si des économies doivent être réalisées par le groupe ferroviaire, elles ne peuvent l’être au détriment de la qualité et de la quantité des services rendus aux voyageurs. D’autres pistes moins préjudiciables existent.

D’une part, la SNCB doit renoncer à ses projets pharaoniques qui ne contribuent pas prioritairement à l’exercice de ses missions. Il faut cesser d’investir des centaines de millions d’euros dans des infrastructures de prestige comme les gares de Liège ou (bientôt) Mons dont l’unique bénéfice se calcule en termes d’image alors que les besoins essentiels ne sont pas rencontrés. Une gabegie dont les pouvoirs publics wallons partagent la responsabilité à travers des arbitrages traduisant une cruelle absence de vision propsective. Si une image doit être recherchée, c’est celle d’une région aux gares nombreuses, accessibles et accueillantes donnant à sa population la possibilité et l’envie de voyager en train…

Par ailleurs, il importe de se pencher sur la structure actuelle du groupe, génératrice de coûts excessifs.

Inter-Environnement Wallonie appelle donc les administrateurs de la SNCB à ne pas succomber à la facilité de pseudo-solutions immédiates qui, loin de résoudre les problèmes du rail belge, compromettraient la place essentielle qu’il est appelé à occuper dans la mobilité de demain.

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