Tourisme : local, local, local… mais durable ?

Tourisme : local, local, local… mais durable ?

Dans le cadre de la crise sanitaire et, également, du déconfinement, les établissements touristiques restent désespérément vides. A Bruxelles, par exemple,  le taux d’occupation des hôtels restés ouverts est actuellement extrêmement bas (3 à 4%).  Une soixantaine d’hôtels et une cinquantaine de musées s’apprêtent – avec beaucoup d’inquiétude – à accueillir les visiteurs ou clients dans la capitale cet été.

En Wallonie, le secteur touristique – avec ses nombreux hébergements de terroir – attend aussi de pied ferme les visiteurs, hôtes et clients.

La durabilité à proprement parler n’est pas au cœur des campagnes de promotion touristiques bruxelloises et wallonnes et n’y est pas affichée très explicitement, mais elles en sont teintées : tout d’abord, parce que les deux régions souhaitent attirer un tourisme de proximité. Ensuite, parce que d’une part, le vélotourisme et la randonnée occupent une place assez centrale au niveau de la promotion du tourisme wallon et, d’autre part, la campagne de marketing liée au plan de relance du tourisme bruxellois est axée sur une décentralisation du tourisme et une proximité avec les habitants ce qui, moyennant une bonne gestion, peut constituer les ferments d’un tourisme plus durable. Cette campagne, lancée il y a une semaine, est basée sur des témoignages de bruxellois connus, qui parlent de leur ville.

Selon la nouvelle présidente de Visit Brussels, Cécile Jodogne (DéFI), “Le tourisme à Bruxelles, ce n’est pas que la Grand-Place (…). Il faut multiplier les pôles d’attraction en dehors du centre-ville, car cela répond à un souhait des visiteurs étrangers de sortir des chemins très fréquentés, pour être au plus proche des habitants. Cela permet aussi de faire redécouvrir la capitale aux Bruxellois et aux Belges.” Et, selon le directeur de l’organisation, il est également prévu que des vélos de location soient mis à disposition pour «inciter les visiteurs à sortir de l’hypercentre. »[1].

Le chaînon manquant au niveau de ces campagnes aux accents de durabilité reste la promotion spécifique d’établissements plus durables : attractions, restaurants, hébergements écolabellisés, justement parce qu’ils sont plus durables. Et que les préoccupations climatiques et le besoin d’y répondre par des solutions concrètes ont été clairement exprimés dans de nombreux articles et publications diffusés en période de confinement. Pour pallier à ce manque, Inter-Environnement Wallonie et GoodPlanet, en tant que gestionnaires du label Clé Verte (Green Key), en Wallonie, Bruxelles et en Flandre, ont conçu une campagne de promotion du label et des labellisés pour que ceux-ci soient choisis de façon préférentielle par les touristes belges qui se destinent à un séjour dans l’une de ces trois régions. Cette campagne sera diffusée via Facebook et nous espérons qu’elle sera relayée le plus largement possible.


[1] https://www.lecho.be/economie-politique/belgique/bruxelles/ristournes-sur-les-salles-bruxelloises-pour-attirer-les-congres/10236275.html

Marie Spaey

Tourisme