Touristes éco-responsables : à vous de jouer !

Touristes éco-responsables : à vous de jouer !

Imaginez-vous, un dimanche matin du mois de juin, dans un petit village perdu au sud du sillon Sambre et Meuse, au cœur du « poumon vert de l’Europe ». Vous sortez d’une nuit récupératrice à souhait, qui n’a – pour une fois – été interrompu par aucune nuisance sonore, si ce n’est le bruit de quelques espèces nocturnes mystérieuses qui sont venues habiter vos rêves. Vous vous placez devant la fenêtre de votre chambre par laquelle filtrent les rayons d’un soleil matinal. Vous fermez vos yeux et écoutez ce que vous disent vos sens : le parfum de la menthe fraîche du potager, la pureté de l’air de la forêt, la chaleur de la poutre légèrement desséchée sur laquelle vous vous appuyez, le bruit des petits animaux qui s’activent dans les feuillages. Vous descendez et vous vous dites que vous avez bien fait de choisir un gîte écocertifié !

Outre, ce bien être physique d’un contact plein et entier avec la nature, tout y est conçu pour vous aidez à réduire l’empreinte écologique de votre séjour : les poubelles sélectives – avec des options de tri auxquelles vous n’auriez même pas pensé ! – , les ampoules économiques et des petits rappels à gauche et à droite pour vous aider à ne pas oublier de les éteindre, un potager où vous pouvez vous servir ou des produits agricoles locaux qui vous attendent dans un panier à l’accueil, un mot de bienvenue dans lequel les propriétaire vous expliquent combien ils sont sensibles aux questions environnementales et ce qu’ils ont imaginé sur le plan de la consommation énergétique, mais aussi de la gestion de l’eau, de l’entretien du gîte, de ses aménagements intérieurs, pour vous permettre un séjour moins polluant et plus sain, sans mettre à mal votre confort. Vous avez envie de découvrir la région et vous trouvez dans le gîte des bicyclettes (ou de l’information sur les lieux de location), des plans sur les pistes cyclables, de l’information sur les espaces naturels à découvrir et sur les ballades à proximité pour vous aider à vous mouvoir d’une façon plus respectueuse (et plus sportive !).

Ceux qui répondent à ces critères sont labellisés « Clé Verte ». Et ils sont de plus en plus nombreux. En Wallonie et à Bruxelles, 31 structures sont désormais labellisées, parmi lesquelles des gîtes, mais aussi des chambres d’hôtes, des auberges de jeunesse, des hôtels et des lieux d’évènements (centres de conférences et venues). A Bruxelles, près de 16% des chambres d’hôtels reconnues par la Cocof sont déjà « Clé Verte ». Et ce nombre va encore croître très prochainement car les Jury wallon et bruxellois viennent de se réunir pour nommer de nouveaux lauréats. Le label, via l’évaluation d’un auditeur indépendant et du jury, garantit le sérieux des démarches entreprises sur le plan environnemental.

Les critères d’obtention du label varient quelque peu d’un type de structure à l’autre mais ils couvrent dans tous les cas les grands enjeux liés à la gestion environnementale dans ce secteur : gestion des espaces verts, environnement intérieur, administration, activités nature, mobilité, alimentation, énergie, déchets, entretien/nettoyage, eau, sensibilisation et implication des fournisseurs, clients et employés (quand il y en a).
La balle est donc maintenant dans le camp des touristes, qu’ils soient de loisir ou d’affaire, car les structures qui ont fait les efforts pour obtenir ce label (ou un autre) espèrent que leur démarche sera valorisée et qu’elles pourront faire connaître leur philosophie et la transmettre aux hôtes ou aux clients. Or, si nombre d’hôtels ou de lieux d’évènements ressentent la demande d’écocertification de la part de leurs clients d’affaires (laquelle se manifeste notamment à travers les appels d’offres), pour les chambres d’hôtes ou les gîtes la demande semble nettement plus imperceptible, voire inexistante, ce qui risque de les décourager par rapport aux efforts à entreprendre dans le cadre du label.

Plus d’informations : [www.cleverte.be->
http://www.cleverte.be]

Marie Spaey

Tourisme