Un « groupe abeilles » au fédéral

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Cela fait une dizaine d’années qu’est apparu le phénomène qu’on appelle « dépérissement » des abeilles mellifères, qui se traduit principalement par la disparition des butineuses, et donc l’effondrement des colonies. Ce problème est cause de mortalités concernant 20 à 30% des ruches dans les pays d’Europe de l’Ouest et d’Amérique du Nord.

Rappelons que plusieurs hypothèses, qui varient d’ailleurs de pays à pays, sont évoquées à propos des causes du dépérissement. Certains  – les apiculteurs principalement – incriminent les pesticides, principalement des substances apparus récemment sur le marché, dans les mêmes années qu’est apparu le dépérissement dans les ruches. D’autres se focalisent plutôt sur les maladies , nosémose en Espagne varroase chez nous ou en Allemagne …  Pour rappel, le varroa est ce parasite venu d’Asie, qui affecte les abeilles depuis plus de quinze ans maintenant, et pour lequel il n’y a pas, actuellement, de traitement efficace qui soit agréé en Belgique.

On s’aperçoit à l’analyse que le débat sur le dépérissement est perturbé deux éléments. Le premier est cette carence en matière de traitement de la varroase, l’influence réelle de la maladie restant floue tant que les apiculteurs ne disposent pas d’un moyen de lutte efficace – il y en a – et surtout reconnu. Le second a trait aux pesticides, dont les effets chroniques ou synergiques sont mal connus, et peu investigués ; par ailleurs les études préliminaires aux autorisations de mise sur le marché sont effectués par les firmes productrices elles-mêmes, système qui ne génère pas la confiance absolue… Il est donc grand temps de clarifier le débat.

Un groupe de travail à ce propos a été créé récemment au niveau fédéral, regroupant des fonctionnaires des administrations fédérales de l’environnement et de la santé, régionale de l’agriculture, une représentante du Ministre Demotte, et des interlocuteurs de tous bords. On y retrouve ainsi des représentants du secteur apicole (fédérations, Centre apicole de recherche et d’information), du secteur de la phytopharmacie, des universitaires (notamment les professeurs Fr. Jacobs de la RUG, et Haubruge des facultés de Gembloux), ainsi que des associations (Nature et Progrès, et Inter-Environnement).

Au menu, les informations concernant les pesticides (résultats d’analyses réalisées par les entreprises, débats en France sur la nécessité d’analyse complémentaires pour les effets chroniques ou indirects de certains insecticides…), mais aussi la réglementation sur le traitement des maladies de l’abeille ou encore l’agréation de moyens de lutte contre la varroase, ce qui devrait pouvoir être fait dans les mois qui viennent.

Ce groupe trouvera-t-il une issue au problème du dépérissement, qui menace les abeilles mellifères dans toute l’Europe de l’Ouest ? Ce n’est pas sûr car le débat est difficile on l’ a vu, mais du moins le problème est-il clairement mis cette fois sur la table.

Canopea