Unanimité des partis francophones pour la sortie du nucléaire

Interpellés par Inter-Envionnement Wallonie,
CdH, ECOLO, MR et PS se prononcent pour le respect de la décision prise en 2003.

L’ensemble des partis francophones entendent respecter la décision de sortir du nucléaire : c’est ce qui ressort de leurs réponses à un questionnaire qui leur a été soumis par Inter-Environnement Wallonie. Bien que des nuances existent quant à la mise en ½uvre de cette décision, la fédération des associations environnementales se réjouit d’une unanimité qui aura des conséquences inévitables lors de la négociation du prochain accord de gouvernement.

Le 21 mars dernier, Inter-Environnement Wallonie présentait un dossier intitulé «Sortie du nucléaire : une chance à saisir !» dans lequel la fédération compilait l’essentiel des informations disponibles sur les enjeux de la sortie programmée du nucléaire en Belgique. A cette occasion, cinq questions-clés ont été soumises aux quatre principaux partis francophones afin que ceux-ci se positionnent clairement sur divers aspects de la problématique : confirmation de la loi de sortie de 2003, gestion du fonds de démantèlement des centrales, réorientation des budgets de recherche et développement dans le secteur de l’énergie, etc.

Inter-Environnement Wallonie a compilé et analysé les réponses transmises par les partis. L’information majeure ressortant de ces réponses est l’unanimité autour du respect de la décision de sortir du nucléaire. Certaines nuances apparaissent toutefois quant à la mise en ½uvre de cette sortie.

Alors que le PS et Ecolo font part de leur ferme intention de respecter les échéances prévues par la loi, le MR et le CdH mettent une condition à la fermeture des réacteurs. Les libéraux insistent ainsi sur la nécessité « d’envisager cette fermeture dans l’optique de la sécurité d’approvisionnement du pays » et se disent «favorables à ce qu’un débat intervienne au Parlement». Ce dernier point peut donner à penser que le respect qu’ils portent à la loi votée présente des limites… Les centristes, quant à eux «lient les modalités concrètes de la sortie du nucléaire à l’adoption d’un réel plan alternatif à l’énergie fossile».

Pour IEW, ces réserves ne sont pas fondées. D’une part, la loi prévoit d’ores et déjà explicitement, en son article 9, «En cas de menace pour la sécurité d’approvisionnement en matière d’électricité, le Roi (…) peut prendre les mesures nécessaires». D’autre part, il n’est bien évidemment pas question de revenir à la bougie ! La sortie du nucléaire ne constitue pas un recul mais au contraire une avancée qui permettra la mise en place d’alternatives propres, sures et durables. Des alternatives qui permettent déjà, à l’heure actuelle, d’assurer sans problème la fermeture des deux premiers réacteurs programmée pour 2015.

Autre enseignement de ce questionnaire : en parfaite logique avec leur position sur la fermeture des centrales, les quatre partis s’accordent pour refuser la construction d’un nouveau réacteur dans notre pays, une hypothèse qu’avait étudiée la très controversée Commission Energie 2030 (dont le rapport final doit être publié dans les prochaines semaines).

Enfin, Inter-Environnement Wallonie se réjouit de l’avis quasi-unanime des partis politiques d’introduire une taxe sur les centrales nucléaires afin d’investir les recettes dans l’efficacité énergétique et le développement des sources d’énergie renouvelables. Seuls les libéraux apparaissent plus prudents sur cette taxation et évitent de se positionner clairement, se déclarant simplement «prêts à étudier l’impact d’un système de taxation totale ou partielle de la production nucléaire (…)».

Des voix s’étaient élevées ces derniers mois pour demander la révision de la loi de 2003, arguant de l’impossibilité de respecter nos engagements Kyoto et garantir notre sécurité d’approvisionnement sans recourir au nucléaire (autant d’arguments que le dossier d’IEW démonte). Les réponses des partis francophones permettent de clarifier la donne.

Inter-Environnement Wallonie constate que tous soutiennent le principe de la sortie du nucléaire. La fédération espère donc que tous mettront leurs actes en concordance avec leurs déclarations. Pour deux d’entre eux, les choses semblent claires; pour les deux autres, IEW espère que les réserves avancées – mais non fondées – ne seront pas un écran de fumée destiné à masquer une reculade lors de la prochaine législature.
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Lire l’intégralité des réponses des partis aux questions d’IEW->doc409]

Contacts :

Pierre Titeux, Attaché de presse : 081.255.284 – 0479.497.656 – p.titeux@iewonline.be
Jean-Yves Saliez, Secrétaire général : 0476.999.603

Pour en savoir plus :

 «La sortie du nucléaire : une chance à saisir !» – version pour lecture à l’écran :

[http://www.iewonline.be/document/nucleaire_dossier2007_ecran.pdf

 >doc840]

 «La sortie du nucléaire : une chance à saisir !» – version pour impression :

http://www.iewonline.be/document/nucleaire_dossier2007_imprimable.pdf

 «La sortie du nucléaire : une chance à saisir ! 9 idées reçues concernant la sortie du nucléaire en Belgique» – résumé :

http://www.iewonline.be/document/nucleaire_dossier2007_leaflet.pdf

Alain Geerts

Communication & Mobilité