Vers une Wallonie bas carbone, mais pas n’importe comment !

Vers une Wallonie bas carbone, mais pas n’importe comment !

L’Agence wallonne de l’Air et du Climat a présenté ce vendredi les résultats de l’étude « Vers une société bas carbone en 2050 » réalisée par la SA Climact. Celle-ci propose cinq scénarios devant permettre d’atteindre une réduction des émissions de gaz à effets de serre de 80 à 95 % en 2050.
Si elle se réjouit de l’existence de cet outil novateur objectivant la faisabilité d’une réduction massive des GES, la Fédération Inter-Environnement Wallonie regrette qu’il y soit fait systématiquement recours aux techniques de captage et de stockage de carbone. Pour IEW, cette technologie ne participe pas à une réduction effective des émissions et elle reste en outre totalement hypothétique.

Les scénarios construits dans cette étude « Wallonie Bas Carbone » qui modélise notre futur démontrent qu’il est possible, sans recourir au nucléaire et avec des techniques aujourd’hui disponibles, de réduire massivement nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Ils attestent par ailleurs que miser sur l’efficacité énergétique constitue toujours un choix gagnant en terme de rapport coût/résultat.

Inter-Environnement Wallonie considère toutefois qu’il est usurpé de parler de scénarios permettant de réduire les émissions de 80 voire 95 % comme le font les auteurs de l’étude. En effet, ces résultats seraient atteints en recourant, à partir de 2030 et faute d’autres avancées techniques d’ici là, à la technologie dite CCS, c’est-à-dire la capture et le stockage du carbone émis par l’activité humaine.
Pour IEW, ces émissions-là ne sauraient être prises en compte dans le calcul du niveau de réduction. Elles existent en effet bel et bien et sont tout au plus supposées pouvoir être séquestrées sans danger pour l’homme et pour l’environnement. Ce qui est loin d’être avéré à ce stade des recherches.

L’utilisation du CCS constitue une entorse au principe de ne recourir qu’à des technologies déjà appliquées et biaise donc les résultats de l’étude. En tenant compte de cette correction, les scénarios évoqués devraient permettre néanmoins d’atteindre à coup sûr une réduction de 67 % des émissions en 2050 par rapport à leur niveau de 1990. Ce qui constitue un résultat dont on ne peut évidemment que se féliciter… bien qu’il reste insuffisant.

Pour Inter-Environnement Wallonie, cette étude liste des pistes concrètes qui devraient intégrer sans délai la feuille de route de la politique wallonne. Elles conduisent en effet à des résultats concrets et solides qui permettraient à la Wallonie de se construire un futur durable. Une première étape significative en ce sens sera l’adoption depuis si longtemps attendue du « Décret Climat » wallon.