Vigies odeurs: une nouvelle manière d’avoir du flair

Vigies odeurs: une nouvelle manière d’avoir du flair

L’asbl Eco-Vie et la Fédération Inter-Environnement Wallonie ont présenté ce mercredi les résultats des observations effectuées par le réseau de riverains – vigies mis en place autour du zoning de Mouscron.
Cette expérience unique en Région wallonne a permis d’objectiver la réalité des nuisances olfactives générées par le zoning.

En septembre 2007, l’asbl Eco-Vie et la Fédération Inter-Environnement Wallonie ont mis en place dans le voisinage du zoning de Mouscron un réseau d’une cinquantaine de « vigies odeurs ». Leur mission : recenser scrupuleusement les odeurs perçues, leur nature, leur intensité et leur durée dans le temps.
La coordination du réseau et l’encodage des données étaient assurées par l’asbl tandis que la Fédération, initiatrice du projet, se portait garante de la rigueur du processus et prenait en charge le pré-traitement des données.

Entre septembre 2007 et août 2008, plus de 22.000 observations ont ainsi été effectuées. Les odeurs perçues ont été classées dans une grille de 14 référents (odeurs caractéristiques) plus une catégorie « inclassable » et cotée sur une échelle d’intensité allant de 1 à 6. La durée de perception de l’odeur a elle aussi été consignée, le caractère de « nuisance » dépendant à la fois de l’intensité et du temps d’exposition.

Ces données ont été analysées de manière objective et indépendante par la société Odometric travaillant en collaboration avec l’Université de Liège.
L’analyse a fait ressortir un certain nombre d’éléments dont deux méritent d’être mis en exergue :
1. une « rose des odeurs » établie en combinant les informations recueillies avec les données météo permet de pointer la direction des sources d’odeur;
2. les riverains sont incommodés par une nuisance odorante (en moyenne) pendant 17% du temps. Ce résultat apparaît particulièrement édifiant si l’on sait que les conditions particulières des permis d’environnement accordés aux entreprises susceptibles d’engendrer ce genre de nuisance fixent généralement la limite maximale à 2% du temps.

L’analyse a par ailleurs permis d’identifier les catégories d’odeur les plus présentes, les zones les plus affectées et les variations d’intensité dans le temps.

L’expérience s’avère donc concluante et mériterait d’être reproduite en d’autres lieux sensibles afin d’objectiver les nuisances dénoncées par les riverains … et ½uvrer ensuite à les solutionner.